2.06.08

2 juin 2008

Le déluge a existé. Et l’Eden? Divers travaux scientifiques anciens ou récents ont conclu à l’existence dans un passé lointain de grandes inondations, que l’on repère dans les couches géologiques. Une étude vient d’affirmer que l’ouverture du Bosphore aurait fait monter le niveau de la mer noire de 150 mètres. Donc les traditions anciennes qui parlent d’un déluge, la Bible notamment, s’appuient probablement sur des faits réels. En outre un personnage analogue à Noé existe dans d’autres traditions. La Bible utilise ces faits à l’appui d’un message moral et religieux.
On peut, du coup, se poser la même question pour l’Eden; le lecteur attentif de la Bible aura remarqué qu’il y a d’autres hommes à l’extérieur de l’Eden (Gn 4,13 et suivants). Plusieurs traditions non bibliques mentionnent soit un “âge d’or”, soit un continent merveilleux englouti (associant dans ce cas l’Eden et le déluge). Donc il y a peut-être une réalité derrière ce fameux jardin d’Eden… Une civilisation supérieure ancienne?
Accepter cette idée n’implique pas que l’homme de cet Eden ait été dans un état d’harmonie complète avec Dieu. Ou alors ce n’était pas encore un homme disposant de liberté…

1.06.08

1 juin 2008

“S’il n’y a pas eu de chute, de quoi Jésus nous sauve-t-il?” Nous avons besoin de salut, c’est à dire de trouver la voie qui donne un sens à notre vie. Je l’ai évoqué dans le texte “Approches“. Jésus nous ouvre la voie vers la divinisation. Il nous libère de nos enfermements. Il nous en sauve! Il ne nous “relève” pas, il nous élève.
Il portait les péchés des multitudes” écrit Isaïe (53,12); “pour les pécheurs, il vient s’interposer”. Dire que Jésus a porté nos péchés, c’est pour moi dire qu’il nous porte tous! Il nous porte, nous soulève, nous entraîne vers le Père. Et en même temps il nous montre ce qu’est le chemin de l’amour: par la croix.
“Enlève-t-il” nos péchés? Il ouvre la porte pour que peu à peu ceux-ci soient enlevés par l’action de l’Esprit en nous.

31.05.08

31 mai 2008

“Souverain Maître”, plutôt que “Tout-Puissant”…
L’expression “Dieu Tout Puissant” vient de deux mots hébreux: “Sabaoth” et “Shaddaï”, le premier signifiant Dieu “des armées” et le deuxième “le vaillant” ou “le Dieu des montagnes”. Rien à voir avec cette toute puissance écrasante que l’on répète et qui démoralise certains.
L’encyclopédie “Théo” signale que “Pantocrator”, le terme grec utilisé pour traduire les mots hébreux ci-dessus, signifie certes “tout-puissant” mais peut aussi s’entendre comme “Souverain Maître”. Voilà qui me plaît plus.

“Mon très doux maître, mon souverain maître!”

“Que Dieu qui est notre souverain maître nous bénisse, lui qui est Père, Fils et Esprit…”

28.05.08

28 mai 2008

Péché originel: j’ai compris ce midi pourquoi beaucoup de prêtres continuent à croire au péché “des origines”. Personnellement je crois au péché “originel”, qui n’est pas un événement du passé, mais la situation de tout homme.
Il y a une phrase de la Genèse qui dit que l’homme a été créé “à l’image de Dieu et à sa ressemblance” (Gn 1,26). “Donc, a dit en substance le prêtre ce midi, si au commencement l’homme ressemblait à Dieu, comme ce n’est plus le cas, c’est qu’il s’est passé quelque chose entre temps”.
Je suis surpris de cette interprétation littérale de Gn 1,26. Je pense qu’à toute époque l’homme est à l’image de Dieu, mais en devenir: nous sommes appelés à devenir semblables au Christ. L’homme de l’ancien testament était déjà “de sa race” (Actes 17,28). “J’ai dit, vous êtes des dieux” (psaume 82/81 v.6, cité par Jésus en Jn 10,34).
J’ai commenté cette idée de chute et de remontée dans mon texte de base “Approches” et je n’y reviens pas.
C’est toujours la même chose: il ne faut pas partir d’une phrase de l’écriture, mais de l’ensemble de la révélation: nous montons vers Dieu et c’est beau.

La vie interne de la Trinité? J’ai eu l’occasion de faire récemment un exposé sur la Trinité (voir http://plestang.free.fr/trinite.htm); j’y ai soigneusement évité toute considération sur les relations entre les personnes de Dieu “dans l’au-delà”. Il y a bien sûr les phrases par lesquelles Jésus s’adresse à son Père, et ce qu’il nous dit: c’est beaucoup, et c’est bien là la base de notre connaissance de la Trinité. Mais contrairement à ce que j’avais écrit en 1997, je ne crois pas que nous puissions réellement parler de ce qu’est la Trinité dans l’au-delà (par exemple dire que l’Esprit est la relation du Père et du Fils). Nous savons ce que Jésus nous a dit; nous constatons la présence de l’Esprit. Mais l’au-delà nous dépasse infiniment. Nous pouvons dire ce que nous comprenons de Dieu. Mais le monde de l’au-delà est peut-être infiniment plus complexe que ce que nous pouvons en comprendre.
Quand j’entends, sur la chaîne de télévision KTO, l’auteur d’un livre récent (”La Trinité racontée”) expliquer que Dieu le Père est devenu réellement père grâce à Jésus, c’est pour moi une belle phrase qui n’est pas forcément vraie, et c’est le genre d’affirmation que je préfère pour ma part éviter…
Jésus est ce que nous pouvons voir de Dieu. Il est “le Fils”. Vivons cela, et aimons le Dieu unique, sans chercher à en dire plus que ce qui est clair.

13 mai 2008

Le pardon: deux erreurs courantes, notamment chez les évangéliques et certains charismatiques.
1. Penser qu’on ne doit pardonner que si l’autre vient vous demander pardon;
2. Penser que si on va demander pardon à quelqu’un celui-ci doit vous pardonner…
Commençons par le premier point: Le “Notre Père” ne donne aucune limite au pardon; et quand Pierre demande à Jésus “Combien de fois pardonnerai-je?” il n’est pas spécifié que l’autre est venu vous le demander. Il est vrai qu’un autre passage dit: Si ton frère vient te demander pardon, tu lui pardonneras”; mais cela ne veut nullement dire que dans les autres cas on ne doit pas pardonner. D’ailleurs Jésus, Etienne, et Saint Paul, chacun à leur façon, ont pardonné ou conseillé le pardon par rapport à des gens qui n’avaient absolument pas demandé pardon…
Le pardon nous délivre. Il s’agit d’un acte intérieur, difficile (je vais y revenir à propos du deuxième point), et surtout qui ne consiste pas forcément à aller dire à l’autre qu’on lui pardonne! Car si on est arrivé à pardonner vraiment dans son coeur, on devient capable de voir ce qui est bon pour l’autre: et il n’est pas forcément bon pour l’autre qu’on vienne lui dire qu’on lui pardonne: il faut évaluer la situation, dans chaque cas. Sans compter les cas où l’autre n’a absolument pas conscience qu’il nous a offensé: il n’est pas nécessairement conforme à l’amour d’aller lui dire.
Deuxième point: aller demander pardon est s’engager dans une relation avec l’autre; peut-être d’ailleurs l’a-t-on offensé sur des points bien différents de ceux pour lesquels on vient lui demander pardon (sur tout ce sujet voir les divers textes que j’ai écrits sur le site “Choisis d’aimer”).
S’engager dans une relation avec l’autre, c’est ne pas faire de l’autre une machine automatique qui doit vous pardonner parce qu’on vient le demander; l’autre n’est pas tenu de pardonner! Donc si on va demander pardon, il faut, comme indiqué ci-dessus, que ce soit par amour; et sans attendre de l’autre qu’il vous pardonne nécessairement.
Si on est l’offensé, et que l’autre vient vous demander pardon, on n’est pas du tout obligé de pardonner! L’autre, qui vous a blessé, n’acquiert pas brusquement un pouvoir sur vous parce qu’il a fait cette démarche de pardon. Selon l’itinéraire que l’on suit, on pourra se contenter par exemple de remercier l’autre; mais s’il insiste pour savoir si on lui pardonne, il peut être juste de lui dire - dans ces termes ou dans d’autres - que l’on suit un chemin intérieur de guérison, et que l’on n’en est pas encore sorti. Que l’autre n’apprécie pas, c’est possible; mais chacun doit d’abord être dans la vérité par rapport à son propre itinéraire spirituel. On ne doit rien à l’autre, et on peut même être tout à fait incapable de l’aimer.
Mais il est bon si on le peut, dans une situation de ce genre, de se remettre à l’Esprit, pour qu’il guide nos paroles.

11 avril 2008

Les malentendus du “Père”. Dire à tout homme autour de moi que Dieu est père (ou que Dieu est amour), c’est inacceptable, incompréhensible; et sans doute faux. Avec les malheurs qu’il y a dans le monde, la réponse immédiate sera que c’est un père qui s’occupe bien mal de ses enfants.
En fait Dieu se propose comme père à ceux qui le veulent. Il ne les tire pas nécessairement du pétrin, mais leur vie prend un autre sens. Ils peuvent entrer dans la confiance, la louange, et confier chaque situation à son amour. (Se reporter à tout ce qui concerne la “puissance de la louange” sur le site “Choisis d’aimer”).
Est-ce un scandale, que Dieu soit ainsi Père pour les uns et pas pour les autres? Il faudra analyser cela. L’idée semble être en somme que Dieu propose, et qu’il est père pour ceux qui le prennent pour Père
Parmi les problèmes il y a évidemment que beaucoup n’ont pas entendu parler de lui; ou si mal qu’ils n’ont pas compris!
Quant à l’expression “Dieu est amour”, elle désigne une dimension de Dieu: quelque chose d’extraordinaire qui change complètement la vie de ceux qui le découvrent. Mais il n’y a visiblement pas que cela dans l’univers. Je connais le Dieu d’amour en ce qui me concerne; mais à un homme qui ne le connaît pas je parlerai, avec le Père Duval-Arnould (idem, cf site Choisis d’aimer), de Jésus qui nous montre un chemin d’amour qui en vaut la peine.
Ce qu’il en est par ailleurs de l’au-delà, cela nous dépasse.

15 mars 2008

Parler pour être compris. Le journal paroissial diffusé dans toutes les boîtes à lettres annonce fièrement pour ce jeudi (jeudi saint): “Mémoire de la cène du Seigneur”. Ce n’est pas ce vocabulaire qu’il faut employer si on veut que les gens ne nous considèrent pas comme venant d’une autre planète.
Pourquoi ne pas dire: Fête du dernier repas ? Cela aurait plus de gueule! C’est un peu ainsi que parlent les juifs, d’ailleurs.
Mais pour que l’on puisse employer ce vocabulaire en externe,… il faudrait prendre l’habitude de l’utiliser aussi en interne ! Espérons toujours!

1 juin 2007

Langue de buis. Notre diocèse vient de terminer son “synode”: un mot qui n’est connu que des chrétiens; enfin, de certains chrétiens. Un mot pour usage interne. Le mot “diocèse” lui aussi est un mot interne… Dans un autre groupe social (je n’ose pas dire dans une association) on parlerait peut-être d’assemblée départementale, expression que tout le monde comprendrait.
Les titres des “priorités synodales” sont typiques de cette “langue de bois”, enfin on dit “langue de buis” c’est plus poli:
“Oser être une église”… avec comme premiers sous-titres
- “pour ouvrir l’Évangile à ceux qui… ” (etc),
- “pour vivre l’Évangile du partage…”,
- “pour célébrer l’Évangile…”,
Et de même ensuite les chapitres du livret contenant les “motions synodales”:
- “un appel à une participation renouvelée à la Pentecôte”
- “un appel à une participation renouvelée à la communion née à la Pentecôte”
- “un appel à une participation renouvelée à l’Esprit de Pentecôte et à la mission”
Pour paraphraser Soeur Emmanuelle s’adressant à Mgr Lustiger: “Mais enfin, est-ce que Jésus-Christ s’exprimait ainsi?”
Est-ce que les pauvres et les petits l’auraient compris?
Entre chrétiens, dans nos paroisses, nous ne parlons déjà pas ainsi! Nous parlons beaucoup plus simplement!
C’est une langue de clercs… Quand aurons-nous, en tant qu’Eglise, une langue simple d’amour, qui parle aux hommes?

31 mai 2007

Tristesse? Le prêtre à la messe aujourd’hui, au moment de la prière pénitentielle, nous invite à demander pardon pour les moments où nous sommes tristes! Qu’est-ce que c’est que cette religion? Est-ce que Jésus lui-même n’a pas été triste, à plusieurs reprises? Est-ce que la tristesse n’est pas un sentiment tout à fait naturel?
Il y a du volontarisme là dedans (mauvais usage de la volonté), et peut-être une confusion avec les “motions intérieures” dont parle Saint Ignace.
“Soyez toujours joyeux” dit Saint Paul (1 Th 5,16). Oui, c’est un objectif spirituel valable. Mais notre chemin dans cette “vallée de larmes” comprend des moments bien naturels de tristesse, de peur, etc.
Au lieu de voir le péché dans tous les sentiments que nous avons, et de nous bloquer intérieurement, voyons le péché dans le manque d’amour du prochain, et cela suffit.

Colère? Oui, en entendant ce prêtre, j’ai été en colère: parce que l’on enseigne aux jeunes (il y en avait beaucoup à cette messe), et aux moins jeunes, des idées erronées. Alors que seul l’amour compte!
Cette colère est-elle un péché? Le père Duval Arnould explique que les passions font partie de la nature humaine, et que le péché, c’est le désordre des passions. On parle parfois de “sain(t)e colère”…

4 décembre 2006

Transcendance… J’écris ce billet après une conférence au cours de laquelle a été évoquée la difficulté de “réunir tous les hommes autour d’une même table” (l’expression est de Michel Serres); de “trouver une façon de parler de la transcendance aux hommes d’aujourd’hui”.

C’est je crois ce que j’ai essayé de faire dans ma “présentation du christianisme“, même si je n’emploie pas le mot transcendance.

Qu’est-ce d’ailleurs que la transcendance? Je me contenterais volontiers dans un premier temps des définitions qui apparaissent dans le “Petit Larousse”:
- C’est ce qui est “d’une nature radicalement autre”, “absolument supérieure”; ce qui est “extérieur au monde”.
- C’est ce qui est au delà de toute expérience possible.

La notion d’absolu change un peu de nature à notre époque, où l’on distingue par exemple en mathématiques plusieurs niveaux d’infinis.
Et qu’est-ce que “le monde”?

Dès lors si quelqu’un comme André Comte-Sponville affirme que “pour le matérialiste il n’y a pas de transcendance, il n’existe que le monde”, cela ne me gêne pas vraiment!
J’ai d’ailleurs déjà indiqué combien me paraissait discutable, spécieuse, l’opposition entre matérialisme et… quoi d’autre d’ailleurs? Le spiritualisme?

Pour moi ce qui est, est! Et il y a probablement une partie de ce réel qui nous dépasse “infiniment”, de même que par exemple notre réflexion dépasse ce qu’une amibe ou même une mouche peut appréhender! On est toujours le transcendant d’une autre espèce (voir aussi le texte 9 d’Approches).

Si donc par transcendant on entend un réel qui nous dépasse, c’est bien ce dont traite mon essai de présentation du christianisme.

On entend aussi parfois par transcendance les vécus intérieurs exceptionnels que tel ou tel homme peut parfois expérimenter: je l’évoque en partie en parlant des “signes” que le chrétien ressent parfois.