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Archive pour mai 2008

31.05.08

Samedi 31 mai 2008

“Souverain Maître”, plutôt que “Tout-Puissant”…
L’expression “Dieu Tout Puissant” vient de deux mots hébreux: “Sabaoth” et “Shaddaï”, le premier signifiant Dieu “des armées” et le deuxième “le vaillant” ou “le Dieu des montagnes”. Rien à voir avec cette toute puissance écrasante que l’on répète et qui démoralise certains.
L’encyclopédie “Théo” signale que “Pantocrator”, le terme grec utilisé pour traduire les mots hébreux ci-dessus, signifie certes “tout-puissant” mais peut aussi s’entendre comme “Souverain Maître”. Voilà qui me plaît plus.

“Mon très doux maître, mon souverain maître!”

“Que Dieu qui est notre souverain maître nous bénisse, lui qui est Père, Fils et Esprit…”

28.05.08

Mercredi 28 mai 2008

Péché originel: j’ai compris ce midi pourquoi beaucoup de prêtres continuent à croire au péché “des origines”. Personnellement je crois au péché “originel”, qui n’est pas un événement du passé, mais la situation de tout homme.
Il y a une phrase de la Genèse qui dit que l’homme a été créé “à l’image de Dieu et à sa ressemblance” (Gn 1,26). “Donc, a dit en substance le prêtre ce midi, si au commencement l’homme ressemblait à Dieu, comme ce n’est plus le cas, c’est qu’il s’est passé quelque chose entre temps”.
Je suis surpris de cette interprétation littérale de Gn 1,26. Je pense qu’à toute époque l’homme est à l’image de Dieu, mais en devenir: nous sommes appelés à devenir semblables au Christ. L’homme de l’ancien testament était déjà “de sa race” (Actes 17,28). “J’ai dit, vous êtes des dieux” (psaume 82/81 v.6, cité par Jésus en Jn 10,34).
J’ai commenté cette idée de chute et de remontée dans mon texte de base “Approches” et je n’y reviens pas.
C’est toujours la même chose: il ne faut pas partir d’une phrase de l’écriture, mais de l’ensemble de la révélation: nous montons vers Dieu et c’est beau.

La vie interne de la Trinité? J’ai eu l’occasion de faire récemment un exposé sur la Trinité (voir http://plestang.free.fr/trinite.htm); j’y ai soigneusement évité toute considération sur les relations entre les personnes de Dieu “dans l’au-delà”. Il y a bien sûr les phrases par lesquelles Jésus s’adresse à son Père, et ce qu’il nous dit: c’est beaucoup, et c’est bien là la base de notre connaissance de la Trinité. Mais contrairement à ce que j’avais écrit en 1997, je ne crois pas que nous puissions réellement parler de ce qu’est la Trinité dans l’au-delà (par exemple dire que l’Esprit est la relation du Père et du Fils). Nous savons ce que Jésus nous a dit; nous constatons la présence de l’Esprit. Mais l’au-delà nous dépasse infiniment. Nous pouvons dire ce que nous comprenons de Dieu. Mais le monde de l’au-delà est peut-être infiniment plus complexe que ce que nous pouvons en comprendre.
Quand j’entends, sur la chaîne de télévision KTO, l’auteur d’un livre récent (”La Trinité racontée”) expliquer que Dieu le Père est devenu réellement père grâce à Jésus, c’est pour moi une belle phrase qui n’est pas forcément vraie, et c’est le genre d’affirmation que je préfère pour ma part éviter…
Jésus est ce que nous pouvons voir de Dieu. Il est “le Fils”. Vivons cela, et aimons le Dieu unique, sans chercher à en dire plus que ce qui est clair.

Mardi 13 mai 2008

Le pardon: deux erreurs courantes, notamment chez les évangéliques et certains charismatiques.
1. Penser qu’on ne doit pardonner que si l’autre vient vous demander pardon;
2. Penser que si on va demander pardon à quelqu’un celui-ci doit vous pardonner…
Commençons par le premier point: Le “Notre Père” ne donne aucune limite au pardon; et quand Pierre demande à Jésus “Combien de fois pardonnerai-je?” il n’est pas spécifié que l’autre est venu vous le demander. Il est vrai qu’un autre passage dit: Si ton frère vient te demander pardon, tu lui pardonneras”; mais cela ne veut nullement dire que dans les autres cas on ne doit pas pardonner. D’ailleurs Jésus, Etienne, et Saint Paul, chacun à leur façon, ont pardonné ou conseillé le pardon par rapport à des gens qui n’avaient absolument pas demandé pardon…
Le pardon nous délivre. Il s’agit d’un acte intérieur, difficile (je vais y revenir à propos du deuxième point), et surtout qui ne consiste pas forcément à aller dire à l’autre qu’on lui pardonne! Car si on est arrivé à pardonner vraiment dans son coeur, on devient capable de voir ce qui est bon pour l’autre: et il n’est pas forcément bon pour l’autre qu’on vienne lui dire qu’on lui pardonne: il faut évaluer la situation, dans chaque cas. Sans compter les cas où l’autre n’a absolument pas conscience qu’il nous a offensé: il n’est pas nécessairement conforme à l’amour d’aller lui dire.
Deuxième point: aller demander pardon est s’engager dans une relation avec l’autre; peut-être d’ailleurs l’a-t-on offensé sur des points bien différents de ceux pour lesquels on vient lui demander pardon (sur tout ce sujet voir les divers textes que j’ai écrits sur le site “Choisis d’aimer”).
S’engager dans une relation avec l’autre, c’est ne pas faire de l’autre une machine automatique qui doit vous pardonner parce qu’on vient le demander; l’autre n’est pas tenu de pardonner! Donc si on va demander pardon, il faut, comme indiqué ci-dessus, que ce soit par amour; et sans attendre de l’autre qu’il vous pardonne nécessairement.
Si on est l’offensé, et que l’autre vient vous demander pardon, on n’est pas du tout obligé de pardonner! L’autre, qui vous a blessé, n’acquiert pas brusquement un pouvoir sur vous parce qu’il a fait cette démarche de pardon. Selon l’itinéraire que l’on suit, on pourra se contenter par exemple de remercier l’autre; mais s’il insiste pour savoir si on lui pardonne, il peut être juste de lui dire - dans ces termes ou dans d’autres - que l’on suit un chemin intérieur de guérison, et que l’on n’en est pas encore sorti. Que l’autre n’apprécie pas, c’est possible; mais chacun doit d’abord être dans la vérité par rapport à son propre itinéraire spirituel. On ne doit rien à l’autre, et on peut même être tout à fait incapable de l’aimer.
Mais il est bon si on le peut, dans une situation de ce genre, de se remettre à l’Esprit, pour qu’il guide nos paroles.