Aimer, approches (blog)

4-1-2009

Ce blog s’arrête et est remplacé par un nouveau site http://www.plestang.com

Catégorie: Uncategorized — @ 17:39 Modifier

Ce blog s’arrête et est remplacé par un nouveau site http://www.plestang.com.

Cela fait plus de trois mois que j’y travaille!
Le nouveau site se veut une formule plus souple que le blog. Vous verrez et donnerez votre avis!

Tous mes blogs actuels ferment et sont remplacés par ce site unique http://www.plestang.com, pas encore complètement fini a vrai dire!

A ce nouveau site est associé un nouveau blog, unique, dont la fonction est d’annoncer les nouveaux textes, et de permettre la discussion.
Le flux RSS correspondant est http://feeds.feedburner.com/PhilippeLestangLeBlog.

Vous verrez que j’ai quand même pas mal écrit depuis trois mois

Attention: commenter sur le nouveau blog, et pas sur celui-ci qui ne m’est plus complètement accessible!

 

25-8-2008

Une présentation du christianisme, sur “Knol”

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 10:52 Modifier

MODIFICATIF 2013/ Le site Knol a été supprimé par Google. Voir la présentation en http://www.plestang.com/chrip.php

Dans la ligne de mon précédent texte sur “Approches“, j’ai mis en ligne il y a quelques semaines sur “Knol” un texte de présentation du christianisme.

J’écrirai prochainement un billet sur le blog “Parler du web” pour présenter Knol, outil de Google qui est plus un complément de Wikipedia qu’un concurrent.

La communauté francophone des “Knoleurs” est déjà assez active, et plusieurs de ses membres ont fait sur mon texte des commentaires intéressants et pertinents.

Vos remarques sont bienvenues, ici ou sur “Knol” !
A bientôt!

 

14-7-2008

Un nouveau blog: “Traduire la Bible”

Catégorie: Généralités — Ph.L @ 20:59 Modifier

Je viens de créer un blog consacré à des réflexions sur la traduction ou l’adaptation du texte de la Bible.
Il y a longtemps j’avais écrit le texte “Jésus amour“, adaptation des quatre évangiles en un seul récit. Mes préoccupations demeurent inchangées. C’est bien souvent qu’au cours de la messe, en entendant une lecture tirée de la Bible, je suis insatisfait et pense: “Non, vraiment, ce n’est pas ainsi qu’il faut expliquer le christianisme aujourd’hui; cette traduction demande à être revue”.

Le blog “Traduire la Bible”, http://traduirelabible.wordpress.com/, se situe à la fois dans la ligne de Jésus amour et dans celle du texte “Approches“.

L’un des premiers billets porte, comme vous le verrez, sur Matthieu 10,37: “Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi” (regarder aussi l’échange de vues qui a commencé en “commentaires”).

Bonne lecture!

 

12-7-2008

Pas de femmes prêtres?

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 18:11 Modifier

Je lis dans le blog de John Allen (en anglais) l’interview d’un théologien italien sur la question de l’ordination de femmes à la prêtrise. L’argument principal est que Jésus n’a jamais hésité à prendre des libertés avec les coutumes de la société juive et à s’écarter de ce qui y était accepté; si donc il a choisi uniquement des hommes comme apôtres, nous devons nous y tenir.

Peut-être.. Mais lorsque Jésus par exemple ne respecte pas le sabbat, il n’engage en fait que lui-même; et lui est capable de s’affranchir des règles de son époque. Tandis que les futurs responsables de l’Eglise vivront au coeur du monde quand il ne sera plus là. Il paraît donc logique que Jésus ait choisi les apôtres en tenant compte de la société au sein de laquelle ils auront à vivre.
L’argument ci-dessus me semble donc discutable. Notre société a changé; comme dans la parabole des talents, Jésus n’attend pas que nous conservions avec peur le “talent” qu’il nous a confié, mais bien que nous le fassions fructifier.

L’ordination de femmes célibataires serait d’ailleurs pour l’Eglise plus appropriée que celle d’hommes mariés, qui avec leur charge de famille seraient moins disponibles et moins mobiles.

Il reste me semble-t-il surtout une question sociologique: car il y a sans doute des régions du monde où l’ordination de femmes ne serait pas acceptée socialement.
L’Eglise peut-elle développer en son sein une diversité plus grande, et mettre en place dans certaines régions des solutions nouvelles? C’est une question qui ne se pose pas seulement pour l’ordination des femmes, mais pour bien d’autres sujets (liturgiques par exemple). Pourquoi cette peur de la diversité? Le centralisme romain est-il lui aussi voulu par Jésus et intangible?

 

26-6-2008

Bref plan pour un enseignement biblique

Catégorie: Approfondissement, Bible — Ph.L @ 14:35 Modifier

Il est possible que je sois invité de temps à autre à faire un “enseignement” devant un groupe chrétien. J’esquisse ici ce que peut être la structure d’un tel enseignement, portant sur un passage de la Bible.
Deux parties: la première sur les aspects en quelque sorte “techniques” du texte; la deuxième plus spirituelle.

L’un des buts de la première partie est de montrer aux auditeurs comment procéder eux-mêmes quand ils étudient un texte. Il s’agit notamment:
- de regarder ce qui vient avant le passage étudié et ce qui vient après;
- de regarder quels mots sont répétés dans le passage, ou encore sont remarquables;
- de regarder quels mots ou expressions se retrouvent ailleurs dans la Bible.
- le cas échéant de regarder les différences entre le texte étudié et ses parallèles dans d’autres évangiles.

Cette étude technique peut être précédée si nécessaire par une partie concernant l’auteur du livre biblique étudié et son contexte, etc.

Ainsi par exemple l’évangile d’aujourd’hui (Matthieu 7,21 à 27 - “Jamais je ne vous ai connus”; maison sur le roc) vient à la fin du discours sur la montagne; il comprend des phrases analogues à l’épisode des vierges folles; et il peut-être l’occasion d’une réflexion sur la volonté du Père (y.c. l’agonie); ainsi que sur le “roc” (quels sont nos rocs, dans notre vie spirituelle).

28.07.08 - Une des façons de repérer des idées importantes dans un texte biblique est en quelque sorte de créer une liste de mots-clef du texte, de “tags”, comme on le fait sur un blog.

2.09.08 - Autre méthode utile: “fermer le texte” et le réécrire de mémoire: on voit vite quels mots du texte on n’avait pas bien retenus…
Il est bon naturellement de consulter les notes des diverses bibles (y.c. notamment la “Bible expliquée”), ainsi que les commentaires des ouvrages généraux. Et de comparer les diverses traductions.

Sur un sujet voisin : Un enseignement sur la Trinité.

 

23-6-2008

Se protéger pour ne pas juger

Catégorie: Approfondissement, Psychologie — Ph.L @ 17:57 Modifier

Si on juge l’autre, c’est souvent parce qu’on a peur de lui.
Il y a en fait deux sens du mot juger: car il est nécessaire d’évaluer les situations où nous nous trouvons, de les juger, ce qui inclut parfois d’évaluer aussi la ou les personnes qui y sont impliquées; et le cas échéant de faire part à d’autres de l’évaluation que l’on fait. Mais en restant dans la charité.

Un autre sens du mot juger, courant pour les chrétiens mais pratiquement absent des dictionnaires, est l’opinion critique négative portée sur une personne, en pensée ou en paroles.

Si on a une telle réaction par rapport à quelqu’un, c’est peut-être que sa façon d’être ou d’agir nous semble une menace pour nous (consciemment ou inconsciemment). Nous nous sentons agressé; nous ne savons pas comment agir ou réagir.
Car nous avons tous nos fragilités, plus ou moins grandes.

D’où la nécessité de protections, de barrières, à mettre en place ou à rétablir.
Parfois il faudra simplement, comme Thérèse de Lisieux, fuir pour éviter la situation. Parfois trouver une autre solution.

Développer en soi des protections par rapport aux autres, créer éventuellement des distances pour pouvoir garder la paix intérieure, est une tâche psychologique importante. Il s’agit de prendre soin de soi-même, de s’aimer soi-même, pour pouvoir aimer les autres.

Si donc on a envie de juger quelqu’un ou si on a peur de lui ou d’elle, il sera bon d’apprendre à se protéger; de chercher quelles barrières on pourrait placer.
Lorsque cette habitude de se protéger sera intégrée, le besoin de juger ou de critiquer s’estompera. Les peurs seront plus supportables.

Voir, sur le blog “Chemins de lecture” mon commentaire au billet de Claude Hériard.
Voir aussi, sur un thème voisin:   L’indulgence, cette vertu si rare.

 

22-6-2008

Comte-Sponville et le “Dieu caché”

Catégorie: Recherches, Ouvertures — Ph.L @ 18:20 Modifier

Dans le chapitre “Dieu existe-t-il?” de son livre “L’esprit de l’athéisme”, André Comte-Sponville examine certains arguments des chrétiens qui expliquent que Dieu se cache volontairement pour nous laisser libres de croire en lui ou non, de suivre ou non ses commandements.
Ce que répond Comte-Sponville mérite me semble-t-il réflexion (c’est pages 106 et suivantes):

“(Puisque) Dieu est partout (..) et tout puissant, c’est donc qu’il refuse de se montrer (…). Je n’ai plus l’âge de jouer à cache-cache.”
A cette première remarque on peut sans doute répondre que pour le “voir” il faut développer les bons organes de “perception”. Voit-on l’électricité? Cela me fait penser à la suggestion du diable lors de la tentation. On dit à Dieu: “Puisque tu es tout puissant, montre-toi donc…”. Mais qu’est-ce qu’on appelle “se montrer”? Montrer quelque chose de lui qui lui ressemble vraiment? Un bras?! Un orage? Il s’est montré en Jésus-Christ. C’est ce qui approche le plus ce que nous pouvons percevoir de lui! Mais il est vrai que cette méthode choisie par Dieu, de se révéler à travers un homme d’un pays particulier à une époque donnée, conduit à ce que bien des hommes n’auront pas eu l’occasion de le connaître: par exemple ceux qui ont vécu dans d’autres pays et à des époques antérieures à lui… Donc en ce sens Dieu a bien choisi de ne se montrer que peu à peu à l’humanité.

Comte-Sponville poursuit: “Si Dieu se cache pour nous laisser libres (..) (c’est donc que) nous serions plus libres sur Terre que les bienheureux dans leur Paradis, eux qui voient Dieu ‘face à face’ (1ère aux Corinthiens)”.
Raisonnement logique! Il faut donc repartir du début, pour voir où est l’erreur. Elle est peut-être justement dans les affirmations de départ, qui ne sont pas exactement ce que dit la Bible.
Dieu se cache-t-il? Il y a deux références en ce sens, dans le Deutéronome: “Je leur cacherai ma face” (31,17 et 32,20) . Mais c’est justement l’exception! Et cela veut dire que le peuple élu ne verra plus, pendant quelque temps, l’action de Dieu, alors qu’habituellement il la voit. Autres références, dans les psaumes et dans Isaïe: “Tu nous caches ta face” ou “Tu es un Dieu caché”. Cela rejoint les nombreux passages où il est dit que les desseins de Dieu sont cachés. Nous n’avons pas toujours le sentiment de sa présence (et certainement pas la compréhension de ses plans!). Mais pour moi, comme le dit Saint Augustin, c’est nous qui sommes loin, alors que lui est toujours là: “Vous étiez au-dedans de moi; mais j’étais hors de moi; et c’était là que je vous cherchais”.
Après la mort, espérons-le, nous serons toujours en nous: pleinement présents à nous-mêmes, et ouverts au Dieu toujours présent.
Donc il n’est pas juste de dire que “Dieu se cache pour nous rendre plus libres”. Il se montre peu à peu, au fur et à mesure que nous le cherchons et sommes capables de l’accueillir.

Objection suivante de Comte-Sponville: “Prétendre que Dieu se cache afin de préserver notre liberté, ce serait supposer que l’ignorance est un facteur de liberté“.
On vient de le voir: en réalité Dieu ne se cache pas; donc l’argument des chrétiens qui disent que Dieu se cache pour préserver notre liberté est à tout le moins mal formulé.

Comte-Sponville dit: j’ai prié (dans mon enfance), j’ai demandé, et jamais il ne s’est manifesté à moi. Sans doute Comte-Sponville attendait-il, comme il le dit d’ailleurs, que Dieu lui “parle”. Mais ceci reste l’exception, en quelque sorte un sommet dans un itinéraire. C’est par Jésus-Christ et par l’Eglise qu’habituellement Dieu nous montre qui il est, et nous propose d’entrer dans un chemin d’approfondissement personnel.

Selon la façon dont le christianisme vous est expliqué, et suivant les caractéristiques de votre personnalité dans les périodes où il vous est présenté, vous pouvez y reconnaître le Dieu qui comble votre esprit et votre coeur, ou au contraire peut-être n’y adhérer que temporairement.

 

21-6-2008

Delumeau: “Un christianisme pour demain”

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 10:59 Modifier

Je connaissais bien sûr le nom de Jean Delumeau, et j’ai “La plus belle histoire du bonheur”, qu’il a écrit avec André Comte-Sponville et Arlette Farge. Mais c’est en parcourant au hasard les “premiers chapitres” proposés en ligne par les éditions Grasset que j’ai découvert “Guetter l’aurore” (2003) et “Le christianisme va-t-il mourir?”(1977) , regroupés maintenant sous le titre “Un christianisme pour demain”.

“Guetter l’aurore” examine en une série de textes très clairs la situation actuelle du christianisme ainsi que - c’est ce qui m’a surtout intéressé - “la pertinence scientifique du rejet de la transcendance”, l’idée de péché originel, diverses questions théologiques controversées, et enfin l’oecuménisme et l’interreligieux.

Ne pouvant évoquer tous les aspects de ce livre dense, je veux mentionner particulièrement les chapitres 3 et 4, qui essaient de montrer que “l’univers et l’homme ne sont pas le produit du hasard”. Comme le dit un biologiste qu’il cite, “la finalité est une dame sans laquelle aucun biologiste ne peut vivre, mais qu’il est honteux de montrer avec (soi) en public”. Citant de nombreux scientifiques, et prenant notamment l’exemple de l’embryon, dont le développement réalise un programme c’est à dire un projet, Jean Delumeau décrit l’évolution comme un fleuve qui se fraie un chemin en fonction des contingences multiples qu’il rencontre, mais qui a bien pour projet la vie, puis l’intelligence. Que nous ne sachions pas où est le “programme” qui conduit cela (alors que pour l’embryon nous commençons à le connaître) ne change rien à l’existence probable d’un tel programme. [Cette dernière idée ne figure pas telle quelle dans le livre, mais il me semble qu’elle traduit bien ce qu’il explique notamment p. 63 ].

Le reste du livre et le livre “Le christianisme va-t-il mourir?” évoquent tout un ensemble de questions, les unes analogues à celles que présentait Jacques Duquesne dans son “Jésus”, mais exprimées avec plus de nuances, et les autres voisines de certaines de celles que je présente dans mon texte “Approches“. Notamment sur l’indispensable tolérance à introduire entre églises chrétiennes, pour accepter la diversité au sein d’une même chrétienté enfin réunie.

Les réflexions historiques sont nombreuses et très utiles: par exemple sur le caractère relatif de la christianisation au Moyen Age, et l’apport des deux réformes, protestante et catholique; et aussi sur les mises en garde qui n’ont pas manqué à l’Eglise au cours des siècles contre son attitude de pouvoir temporel. Le premier procès qui a été fait à Luther, indique Delumeau, l’a été devant un tribunal chargé des questions financières! Normal, puisque l’action de Luther risquait de diminuer les ressources…

A travers toutes ces réflexions, dont il est impossible de faire entrevoir ici la richesse, Jean Delumeau propose au total une vision modérément optimiste. La situation actuelle, écrit-il notamment, représente un “retour au bon sens”. “Elle sera un bien si, grâce à elle, la Parole de salut est désormais présentée dans l’humilité, la pauvreté et la charité à des gens libres de la refuser”.

 

17-6-2008

Qu’est-ce qu’un “fait”?

Catégorie: Approfondissement — Ph.L @ 16:58 Modifier

Il m’arrive d’employer l’expression “le fait Jésus”, ou même “le fait que constitue la résurrection de Jésus”. Certains de mes interlocuteurs tiquent, considérant que l’on n’est pas ici dans le domaine des faits mais dans celui de la foi… Voyons cela de plus près.

Le “Vocabulaire de la philosophie” d’André Lalande, qui reprend les travaux de la Société française de philosophie, donne la définition suivante: “Fait: Ce qui est ou ce qui arrive, en tant qu’on le tient pour une donnée réelle de l’expérience, sur laquelle la pensée peut faire fond”.

Les mots-clefs dans cette définition sont assurément “on le tient pour” !
Tant il est vrai que la perception et les convictions jouent un rôle dans ce que l’on accepte comme étant vrai, comme ayant une existence. Ainsi dans le domaine du nazisme il y a, on le sait, des “négationnistes”.
Galilée, et sans doute aussi aussi Christophe Colomb, ont affronté des gens qui ne croyaient pas qu’ils décrivaient des faits.

Pour certains faits, il faut s’en remettre au témoignage de tiers: par exemple même si je n’ai pas vu un accident, je peux savoir qu’il a eu lieu (c’est un fait pour moi), en raison des personnes qui m’en ont parlé.
La notion de fait, ajoute le Lalande, quand on la précise, se ramène à un jugement d’affirmation sur la réalité extérieure“.

L’existence de Jésus est maintenant généralement admise. Les grandes lignes de sa vie, et son enseignement tel que décrit par le Nouveau Testament, sont généralement acceptés comme des faits.
Pour un croyant, ce qu’a été Jésus comprend aussi l’affirmation de sa divinité: avec les apôtres, les chrétiens sont convaincus que Jésus s’est bien présenté comme le Fils de Dieu. C’est donc pour eux un fait que Jésus a affirmé cela.

C’est tout cet ensemble que j’appelle le fait Jésus: un fait dont le non croyant n’accepte qu’une partie, mais qui pour moi est avéré.

Il en va de même pour la résurrection. Je crois que c’est un fait, c’est à dire qu’elle a bien eu lieu.

 

12-6-2008

Une “carte de visite”

Catégorie: Généralités — Ph.L @ 18:14 Modifier

On peut en créer autant qu’on veut, avec Wordle

Mots en couleur

 

5-6-2008

Encore sur le pardon

Catégorie: Approfondissement — Ph.L @ 8:13 Modifier

J’ai déjà écrit plusieurs textes sur le pardon: notamment en 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7.

Avec un ami qui s’interrogeait hier sur cette question, j’ai d’abord évoqué le cas de ces femmes - il y a aussi des hommes - qui ont été victimes d’abus sexuels (inceste) tout au long de leur enfance. Combien de dizaines d’années leur faudra-t-il pour atteindre une paix spirituelle suffisante pour envisager le pardon - si elles y parviennent?
Le pardon n’est pas un acte volontaire que l’on plaque sur ce que l’on ressent, en se niant soi-même.
Une spiritualité épanouie concerne l’ensemble de la personne, telle qu’elle est.

Mais, ajoute mon ami, Jésus n’a-t-il pas dit de pardonner? Certes, mais il n’a pas dit que c’était facile. Dans le discours sur la montagne (Matthieu 5) il dit aussi de tendre l’autre joue, et “à qui veut … te prendre ta tunique, laisse aussi ton manteau”. Combien de chrétiens ont atteint le point où ils pratiquent vraiment cela? C’est une sorte “d’objectif évangélique”, le but de toute une vie.

Pour atteindre ce but il faut commencer par voir clair en soi-même. Et se placer, humblement, tel qu’on est, entre les mains du Seigneur: sans culpabilité (voir “à propos du péché“); avec amour et patience.

 

14-5-2008

L’incarnation et les extraterrestres

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 14:24 Modifier

Isabelle de Gaulmyn, dans son excellent blog “Vu de Rome“, évoque ce 14 mai la réponse du directeur de l’observatoire du Vatican interrogé à propos des extraterrestres. Il croit à leur existence, mais pour lui il s’agit, soit d’animaux supérieurs (!), soit de personnes n’ayant pas connu le péché et n’ayant donc pas besoin de l’incarnation!

La réponse de ce père jésuite m’apparaît marquée d’une prudence remarquable…
Pourtant il y a me semble-t-il au moins deux autres hypothèses (il me semblait avoir déjà écrit là dessus il y a quelques années, mais je ne retrouve pas mon texte):
- Que Dieu se soit aussi incarné chez eux! Pourquoi pas? Jésus peut aller aussi dans ces autres “demeures”!
- Ou alors, soyons orgueilleux et rêvons un peu, qu’il nous appartienne, à nous misérable planète des confins d’une galaxie quelconque, de révéler le Dieu d’amour aux civilisations éventuellement “supérieures” avec qui nous serons peut-être un jour en contact. Jusqu’à ce qu’un jour, comme la terre actuellement, toutes les galaxies soient “à une journée de voyage” et qu’ainsi le Christ puisse être révélé à tous.

Mais à vrai dire, quel besoin de tout “mettre en théologie”! Nous savons ce qu’il en est pour nous: Dieu nous a révélé son amour. Ce qu’il en est des autres civilisations, c’est son affaire: “Que t’importe! Toi, suis-moi!” (Jn 21,22)

 

13-5-2008

Un chapelet chanté?

Catégorie: Approfondissement — Ph.L @ 14:13 Modifier

A la fin de la messe d’aujourd’hui 13 mai, fête de Notre Dame de Fatima, nous avons chanté le très beau “Je vous salue Marie” de Frère Jean-Baptiste de la Sainte Famille, dont j’ai déjà parlé dans mes “notes“. L’animateur de chant nous l’a fait reprendre une deuxième fois; puis une troisième. Eh bien, ai-je pensé, nous voilà partis pour une dizaine de chapelet! Et je me suis réjoui.

Ce serait bien en effet si le chapelet était quelquefois chanté avec cet air-là (et ces paroles-là)! Ce serait mieux que la répétition parfois lugubre de paroles marmonnées à toute allure. Peut-être y a-t-il d’ailleurs des endroits où cela se fait?

 

8-4-2008

Caravane…

Catégorie: Approfondissement — Ph.L @ 14:50 Modifier

Un ami me signale ce texte de Georges Montaron que je trouve éclairant:

“Je vois le peuple de Dieu comme une grande caravane en marche. Au centre les pasteurs, avec leur grand bâton de berger, servent de repère. Certains sont groupés autour du pasteur, certains traînent et il faut les aider, d’autres à l’avant essaient des chemins, ouvrent des voies et s’égarent parfois un peu. Les pasteurs les rappellent, et essaient de guider la grande caravane… “

Ce texte, extrait du livre “Quoi qu’il en coûte”, décrit sans doute surtout l’église catholique; mais il peut s’appliquer avec les changements appropriés à tous les chrétiens.

N’est-il pas particulièrement important aujourd’hui d’ouvrir des chemins?
En effet, et mon ami cite à ce propos Pierre Gibert rendant compte dans “Etudes” du livre “Confession d’un cardinal”:

“Ce qui a fait jusqu’ici les apparences de l’Église va s’effondrer”…

 

1-4-2008

“Ce qu’il faut que je sache, je le sais”

Catégorie: Approfondissement — Ph.L @ 13:38 Modifier

C’est Jésus qui parle ainsi, à la première page du nouveau livre d’Anne Rice que je viens de recevoir, “The Road to Cana” (voir ici ma présentation du premier livre de cette série “Christ the Lord”).

Jésus parle à la première personne, et j’aime beaucoup cette affirmation:
Ce qu’il faut que je sache, je le sais; et ce qu’il faut que j’apprenne, je l’apprends“.

J’y vois la meilleure réflexion que j’aie jamais lu sur la psychologie de Jésus et sur sa relation avec son Père: sur ce que Jésus sait ou ignore.
Cela veut dire aussi: “Ce que je n’ai pas besoin de savoir, je ne le sais pas!” Ce qui peut notamment s’appliquer à la passion…
Il m’est arrivé d’écrire sur la question, et j’argumentais en termes de sainteté très haute de Jésus, l’amenant à connaître et à comprendre ce que l’homme moyen ne comprend pas. “Qu’est-ce qu’un homme, écrivais-je, quand il est complètement habité par l’amour?” Et j’ajoutais: “C’est quelqu’un qui fait éclater les limites de la condition humaine”.

Anne Rice propose une approche où le Père intervient davantage: “Ce qu’il faut que je sache, je le sais”!
Je trouve cela génial.

 

6-1-2008

“Charismatique”?

Catégorie: Approfondissement — Ph.L @ 17:30 Modifier

J’ai déjà écrit divers textes sur l’approche charismatique (voir notamment ici et ici). Mon fils François vient de m’offrir pour Noël le livre du Cardinal Congar “Je crois en l’Esprit Saint” (Cerf 1995), et j’y relève en page 442 et suivantes des remarques de Soeur Jeanne d’Arc à propos du congrès de la Pentecôte 1975 à Rome auquel elle avait participé; ci-après brefs extraits:

Lorsqu’un groupe de prière (…) est inondé de (…) dons de l’Esprit, prophéties, guérisons, oeuvres de puissance, conversions éclatantes, nous le constatons en disant: “c’est un groupe charismatique” et nous en louons le Seigneur.
Mais s’il nous arrivait de dire “Nous voulons fonder un groupe charismatique“, l’expression ne serait pas acceptable: nous donnerions l’impression de siffler le Saint-Esprit, comme si nous pouvions présumer de ses intentions et disposer de lui à notre gré; il ne nous appartient pas de décider que cette réunion sera charismatique ou non. C’est son affaire à lui seul. (…)

.. je ne suis pas sûre qu’on puisse dire, comme ce mot d’enfant qu’on a fort applaudi au Congrès: “Etre charismatique c’est être pleinement chrétien”. Attention. Il faut relire Saint Paul. Etre pleinement chrétien, cela se mesure seulement et uniquement à la plénitude de la charité.

Et cela continue ainsi, rejoignant assez largement ce que j’ai écrit dans “Choisis d’aimer”.

Je compléterai éventuellement ce texte au fur et à mesure de ma lecture du livre.

 

3-12-2007

La foi, c’est l’espérance?

Catégorie: Approfondissement — Ph.L @ 22:07 Modifier

Je dois dire ma déception à la lecture de l’encyclique “Spe salvi”. Il y a certes des choses utiles, par exemple l’invitation aux chrétiens de faire leur autocritique. Mais pour qui a le souci d’une théologie un peu rigoureuse, les premiers paragraphes posent de vrais problèmes. “La foi est espérance” écrit le Pape. Ah ? Ce n’est pas ce que dit, par exemple, le catéchisme de l’église catholique…

En réalité l’encyclique ne traite pas de la vertu d’espérance, mais du contenu des espoirs des hommes…

Et quand je lis dans l’introduction: “Simplement parce que l’espérance existe, nous sommes rachetés”, je me demande s’il s’agit de théologie ou de réflexion spirituelle… Pourquoi pas, mais c’est, au moins, surprenant.

Il y a des passages intéressants, quoique difficiles, sur la différence entre “hypostase” et “hyparconta”, et sur “hypomone” et “hypostole”! Je vous laisse lire, mais cela me paraît clair. Ou encore sur la façon dont, notamment à partir de Francis Bacon, les hommes se sont centrés sur la raison et sur la liberté: toute l’histoire de la modernité est ainsi reparcourue; classique mais utile.

Un lecteur français doit avoir en tête que la distinction entre “espérance” et “espoir” n’existe ni en latin (”spes”) ni en allemand (”Hoffnung”), ni d’ailleurs, pour l’essentiel, en anglais (”hope”).

Au total un texte dans lequel il m’a fallu 48 heures pour dépasser la première page, tant ce qui était dit me paraissait théologiquement discutable.

Il s’y ajoute, last but not least, que la traduction française est très défectueuse: entre “mot” remplacé par “parole” (par exemple au paragraphe 9), “plus encore” par “ultérieurement” (paragraphe 8 ), et des modifications complètement inexplicables, comme à la fin du 9 à propos d’hypostole, ou encore l’ajout d’un “tous” à la première ligne, j’ai dû travailler en ayant sous les yeux trois ou quatre versions linguistiques pour essayer d’y voir clair.

L’encyclique veut traiter des espoirs des hommes.
Elle s’adresse en fait aux chrétiens. Mais je ne suis pas sûr que beaucoup la liront.

7.12 - Plusieurs des erreurs de la traduction française ont été corrigées. Reste par exemple le “ultérieurement” mentionné ci-dessus, et “illuminisme” au paragraphe 19 (pour “Lumières”)… Par contre l’édition papier qui vient de sortir les comporte encore, en tout cas Tequi (source: “Le salon beige”).

 

24-11-2007

La tentation, l’agonie

Catégorie: Bible — Ph.L @ 15:42 Modifier

Une réflexion sur les similitudes entre l’agonie du Christ et sa tentation est faite, dans un texte que je trouve remarquable, par quelqu’un que j’ai le plaisir de bien connaître. :-)

Ce sont deux passages où Jésus est seul, où un ange ou des anges s’approchent, et où quelque chose est répété par trois fois.

En notant aussi que l’on peut interpréter la demande de Jésus au présent: quand il dit “Que cette coupe s’éloigne de moi”, il peut s’agir de l’agonie elle-même…

Je ne sais si on trouve déjà ailleurs la réflexion que Catherine esquisse.

 

21-11-2007

A propos de la bible hébraïque

Catégorie: Bible — Ph.L @ 12:24 Modifier

Un bref billet à propos de la liste des livres admis dans la bible hébraïque, suite à deux conférences du rabbin Serfaty.

On sait que cette liste a été fixée par les autorités pharisiennes à la fin du premier siècle de notre ère. Ont été écartés les livres que nous appelons “deutérocanoniques” (les Maccabées, Baruch etc.).

Ce n’était pas seulement une question de langue: en effet le premier livre des Maccabées était disponible en hébreu, et de même par exemple le Siracide.

Le Siracide, bien que non retenu, a continué à être cité par le judaïsme rabbinique jusqu’au 12° siècle. Il était regardé, dit la TOB, comme utile à l’édification des croyants. Au XX° siècle on considérait son texte hébreu comme perdu… jusqu’à ce qu’il soit retrouvé dans les grottes de Qumrân.

Le premier livre des Maccabées est un exemple des raisons qui ont guidé les choix des docteurs juifs: il n’a pas été retenu, explique le rabbin Serfaty, parce qu’il parle de la dynastie hasmonéenne, qui ne descendait pas du roi David…

 

25-10-2007

“Segond 21″: une nouvelle traduction de la Bible

Catégorie: Bible — Ph.L @ 18:32 Modifier

La Société Biblique de Genève vient de publier la première édition d’une traduction nouvelle qui, selon l’introduction, s’inspire de la traduction Segond. Elle porte le nom de “Segond 21″ et a pour slogan: “L’original, avec les mots d’aujourd’hui”.

Brochée et très bon marché, cette édition devrait être suivie de deux autres: l’une “de référence” avec 23000 notes, et l’autre apparemment destinée aux jeunes, sous le titre MaBible.net.

Cette première édition ne comprend qu’une introduction générale de 6 pages et pour chaque livre un bref texte de 4 ou 5 lignes. Elle est écrite en petits caractères et vendue… 1 euro 50 ! Un record!

Voici sur un passage de l’Epître aux Romains (6,19) une comparaison avec la “Segond 1910″, la “Nouvelle Segond” et la traduction “Parole de Vie”.

Segond 1910:
Je parle à la manière des hommes, à cause de la faiblesse de votre chair. De même donc que vous avez livré vos membres comme esclaves à l’impureté et à l’iniquité, pour arriver à l’iniquité, ainsi maintenant livrez vos membres comme esclaves à la justice, pour arriver à la sainteté.

Nouvelle Segond:
Je parle de manière humaine à cause de la faiblesse de votre chair: de même, en effet, que vous avez mis votre corps tout entier, comme un esclave, à la disposition de l’impureté et du mal, pour aboutir au mal, ainsi maintenant mettez votre corps tout entier, comme un esclave, à la disposition de la justice, pour aboutir à une consécration.

Segond 21:
Je parle à la manière des hommes, à cause de votre faiblesse naturelle. - De même que vous avez mis vos membres comme esclaves au service de l’impureté et de l’injustice pour arriver à plus d’injustice, de même maintenant, mettez vos membres comme esclaves au service de la justice pour progresser dans la sainteté.

Parole de Vie:
J’utilise une comparaison humaine parce que vous avez du mal à comprendre. Autrefois, comme des esclaves, vous aviez mis votre corps au service d’une vie immorale et pleine de désordre, et le résultat, c’était la désobéissance à Dieu. De même, aujourd’hui, comme des esclaves, mettez votre corps au service de ce qui est juste, et le résultat, ce sera une vie qui plaît à Dieu.

La “Bible à la Colombe” (Segond révisée) est très proche, pour le passage considéré, de la Segond 1910.

 

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