Aimer, approches (blog)

25-8-2008

Une présentation du christianisme, sur “Knol”

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 10:52 Modifier

MODIFICATIF 2013/ Le site Knol a été supprimé par Google. Voir la présentation en http://www.plestang.com/chrip.php

Dans la ligne de mon précédent texte sur “Approches“, j’ai mis en ligne il y a quelques semaines sur “Knol” un texte de présentation du christianisme.

J’écrirai prochainement un billet sur le blog “Parler du web” pour présenter Knol, outil de Google qui est plus un complément de Wikipedia qu’un concurrent.

La communauté francophone des “Knoleurs” est déjà assez active, et plusieurs de ses membres ont fait sur mon texte des commentaires intéressants et pertinents.

Vos remarques sont bienvenues, ici ou sur “Knol” !
A bientôt!

 

12-7-2008

Pas de femmes prêtres?

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 18:11 Modifier

Je lis dans le blog de John Allen (en anglais) l’interview d’un théologien italien sur la question de l’ordination de femmes à la prêtrise. L’argument principal est que Jésus n’a jamais hésité à prendre des libertés avec les coutumes de la société juive et à s’écarter de ce qui y était accepté; si donc il a choisi uniquement des hommes comme apôtres, nous devons nous y tenir.

Peut-être.. Mais lorsque Jésus par exemple ne respecte pas le sabbat, il n’engage en fait que lui-même; et lui est capable de s’affranchir des règles de son époque. Tandis que les futurs responsables de l’Eglise vivront au coeur du monde quand il ne sera plus là. Il paraît donc logique que Jésus ait choisi les apôtres en tenant compte de la société au sein de laquelle ils auront à vivre.
L’argument ci-dessus me semble donc discutable. Notre société a changé; comme dans la parabole des talents, Jésus n’attend pas que nous conservions avec peur le “talent” qu’il nous a confié, mais bien que nous le fassions fructifier.

L’ordination de femmes célibataires serait d’ailleurs pour l’Eglise plus appropriée que celle d’hommes mariés, qui avec leur charge de famille seraient moins disponibles et moins mobiles.

Il reste me semble-t-il surtout une question sociologique: car il y a sans doute des régions du monde où l’ordination de femmes ne serait pas acceptée socialement.
L’Eglise peut-elle développer en son sein une diversité plus grande, et mettre en place dans certaines régions des solutions nouvelles? C’est une question qui ne se pose pas seulement pour l’ordination des femmes, mais pour bien d’autres sujets (liturgiques par exemple). Pourquoi cette peur de la diversité? Le centralisme romain est-il lui aussi voulu par Jésus et intangible?

 

22-6-2008

Comte-Sponville et le “Dieu caché”

Catégorie: Recherches, Ouvertures — Ph.L @ 18:20 Modifier

Dans le chapitre “Dieu existe-t-il?” de son livre “L’esprit de l’athéisme”, André Comte-Sponville examine certains arguments des chrétiens qui expliquent que Dieu se cache volontairement pour nous laisser libres de croire en lui ou non, de suivre ou non ses commandements.
Ce que répond Comte-Sponville mérite me semble-t-il réflexion (c’est pages 106 et suivantes):

“(Puisque) Dieu est partout (..) et tout puissant, c’est donc qu’il refuse de se montrer (…). Je n’ai plus l’âge de jouer à cache-cache.”
A cette première remarque on peut sans doute répondre que pour le “voir” il faut développer les bons organes de “perception”. Voit-on l’électricité? Cela me fait penser à la suggestion du diable lors de la tentation. On dit à Dieu: “Puisque tu es tout puissant, montre-toi donc…”. Mais qu’est-ce qu’on appelle “se montrer”? Montrer quelque chose de lui qui lui ressemble vraiment? Un bras?! Un orage? Il s’est montré en Jésus-Christ. C’est ce qui approche le plus ce que nous pouvons percevoir de lui! Mais il est vrai que cette méthode choisie par Dieu, de se révéler à travers un homme d’un pays particulier à une époque donnée, conduit à ce que bien des hommes n’auront pas eu l’occasion de le connaître: par exemple ceux qui ont vécu dans d’autres pays et à des époques antérieures à lui… Donc en ce sens Dieu a bien choisi de ne se montrer que peu à peu à l’humanité.

Comte-Sponville poursuit: “Si Dieu se cache pour nous laisser libres (..) (c’est donc que) nous serions plus libres sur Terre que les bienheureux dans leur Paradis, eux qui voient Dieu ‘face à face’ (1ère aux Corinthiens)”.
Raisonnement logique! Il faut donc repartir du début, pour voir où est l’erreur. Elle est peut-être justement dans les affirmations de départ, qui ne sont pas exactement ce que dit la Bible.
Dieu se cache-t-il? Il y a deux références en ce sens, dans le Deutéronome: “Je leur cacherai ma face” (31,17 et 32,20) . Mais c’est justement l’exception! Et cela veut dire que le peuple élu ne verra plus, pendant quelque temps, l’action de Dieu, alors qu’habituellement il la voit. Autres références, dans les psaumes et dans Isaïe: “Tu nous caches ta face” ou “Tu es un Dieu caché”. Cela rejoint les nombreux passages où il est dit que les desseins de Dieu sont cachés. Nous n’avons pas toujours le sentiment de sa présence (et certainement pas la compréhension de ses plans!). Mais pour moi, comme le dit Saint Augustin, c’est nous qui sommes loin, alors que lui est toujours là: “Vous étiez au-dedans de moi; mais j’étais hors de moi; et c’était là que je vous cherchais”.
Après la mort, espérons-le, nous serons toujours en nous: pleinement présents à nous-mêmes, et ouverts au Dieu toujours présent.
Donc il n’est pas juste de dire que “Dieu se cache pour nous rendre plus libres”. Il se montre peu à peu, au fur et à mesure que nous le cherchons et sommes capables de l’accueillir.

Objection suivante de Comte-Sponville: “Prétendre que Dieu se cache afin de préserver notre liberté, ce serait supposer que l’ignorance est un facteur de liberté“.
On vient de le voir: en réalité Dieu ne se cache pas; donc l’argument des chrétiens qui disent que Dieu se cache pour préserver notre liberté est à tout le moins mal formulé.

Comte-Sponville dit: j’ai prié (dans mon enfance), j’ai demandé, et jamais il ne s’est manifesté à moi. Sans doute Comte-Sponville attendait-il, comme il le dit d’ailleurs, que Dieu lui “parle”. Mais ceci reste l’exception, en quelque sorte un sommet dans un itinéraire. C’est par Jésus-Christ et par l’Eglise qu’habituellement Dieu nous montre qui il est, et nous propose d’entrer dans un chemin d’approfondissement personnel.

Selon la façon dont le christianisme vous est expliqué, et suivant les caractéristiques de votre personnalité dans les périodes où il vous est présenté, vous pouvez y reconnaître le Dieu qui comble votre esprit et votre coeur, ou au contraire peut-être n’y adhérer que temporairement.

 

21-6-2008

Delumeau: “Un christianisme pour demain”

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 10:59 Modifier

Je connaissais bien sûr le nom de Jean Delumeau, et j’ai “La plus belle histoire du bonheur”, qu’il a écrit avec André Comte-Sponville et Arlette Farge. Mais c’est en parcourant au hasard les “premiers chapitres” proposés en ligne par les éditions Grasset que j’ai découvert “Guetter l’aurore” (2003) et “Le christianisme va-t-il mourir?”(1977) , regroupés maintenant sous le titre “Un christianisme pour demain”.

“Guetter l’aurore” examine en une série de textes très clairs la situation actuelle du christianisme ainsi que - c’est ce qui m’a surtout intéressé - “la pertinence scientifique du rejet de la transcendance”, l’idée de péché originel, diverses questions théologiques controversées, et enfin l’oecuménisme et l’interreligieux.

Ne pouvant évoquer tous les aspects de ce livre dense, je veux mentionner particulièrement les chapitres 3 et 4, qui essaient de montrer que “l’univers et l’homme ne sont pas le produit du hasard”. Comme le dit un biologiste qu’il cite, “la finalité est une dame sans laquelle aucun biologiste ne peut vivre, mais qu’il est honteux de montrer avec (soi) en public”. Citant de nombreux scientifiques, et prenant notamment l’exemple de l’embryon, dont le développement réalise un programme c’est à dire un projet, Jean Delumeau décrit l’évolution comme un fleuve qui se fraie un chemin en fonction des contingences multiples qu’il rencontre, mais qui a bien pour projet la vie, puis l’intelligence. Que nous ne sachions pas où est le “programme” qui conduit cela (alors que pour l’embryon nous commençons à le connaître) ne change rien à l’existence probable d’un tel programme. [Cette dernière idée ne figure pas telle quelle dans le livre, mais il me semble qu’elle traduit bien ce qu’il explique notamment p. 63 ].

Le reste du livre et le livre “Le christianisme va-t-il mourir?” évoquent tout un ensemble de questions, les unes analogues à celles que présentait Jacques Duquesne dans son “Jésus”, mais exprimées avec plus de nuances, et les autres voisines de certaines de celles que je présente dans mon texte “Approches“. Notamment sur l’indispensable tolérance à introduire entre églises chrétiennes, pour accepter la diversité au sein d’une même chrétienté enfin réunie.

Les réflexions historiques sont nombreuses et très utiles: par exemple sur le caractère relatif de la christianisation au Moyen Age, et l’apport des deux réformes, protestante et catholique; et aussi sur les mises en garde qui n’ont pas manqué à l’Eglise au cours des siècles contre son attitude de pouvoir temporel. Le premier procès qui a été fait à Luther, indique Delumeau, l’a été devant un tribunal chargé des questions financières! Normal, puisque l’action de Luther risquait de diminuer les ressources…

A travers toutes ces réflexions, dont il est impossible de faire entrevoir ici la richesse, Jean Delumeau propose au total une vision modérément optimiste. La situation actuelle, écrit-il notamment, représente un “retour au bon sens”. “Elle sera un bien si, grâce à elle, la Parole de salut est désormais présentée dans l’humilité, la pauvreté et la charité à des gens libres de la refuser”.

 

14-5-2008

L’incarnation et les extraterrestres

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 14:24 Modifier

Isabelle de Gaulmyn, dans son excellent blog “Vu de Rome“, évoque ce 14 mai la réponse du directeur de l’observatoire du Vatican interrogé à propos des extraterrestres. Il croit à leur existence, mais pour lui il s’agit, soit d’animaux supérieurs (!), soit de personnes n’ayant pas connu le péché et n’ayant donc pas besoin de l’incarnation!

La réponse de ce père jésuite m’apparaît marquée d’une prudence remarquable…
Pourtant il y a me semble-t-il au moins deux autres hypothèses (il me semblait avoir déjà écrit là dessus il y a quelques années, mais je ne retrouve pas mon texte):
- Que Dieu se soit aussi incarné chez eux! Pourquoi pas? Jésus peut aller aussi dans ces autres “demeures”!
- Ou alors, soyons orgueilleux et rêvons un peu, qu’il nous appartienne, à nous misérable planète des confins d’une galaxie quelconque, de révéler le Dieu d’amour aux civilisations éventuellement “supérieures” avec qui nous serons peut-être un jour en contact. Jusqu’à ce qu’un jour, comme la terre actuellement, toutes les galaxies soient “à une journée de voyage” et qu’ainsi le Christ puisse être révélé à tous.

Mais à vrai dire, quel besoin de tout “mettre en théologie”! Nous savons ce qu’il en est pour nous: Dieu nous a révélé son amour. Ce qu’il en est des autres civilisations, c’est son affaire: “Que t’importe! Toi, suis-moi!” (Jn 21,22)

 

27-6-2007

Un Kyrie où l’on prend son temps

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 21:49 Modifier

A la messe à laquelle je participe à midi le Kyrie est chanté.
Aujourd’hui le prêtre a proposé que l’on s’arrête longuement après chaque invocation, pour prendre le temps de repenser à nos attitudes pécheresses, et éventuellement pour les énoncer à haute voix (l’assemblée est charismatique).

J’ai apprécié ce temps qui nous était laissé pour entrer vraiment dans la messe, en nous remémorant des situations où nous sommes loin d’agir avec un amour parfait.

On a pris le temps qu’il fallait.

 

14-3-2007

“Un style de vie chrétien”?

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 12:08 Modifier

Je viens d’essayer de parcourir le dernier texte du Pape, sur l’Eglise et l’Eucharistie, mais j’en ressors assez déçu: certes ce n’est pas mal écrit, mais c’est beaucoup trop long, pour dire quoi de nouveau au juste?

Je lis un commentaire assez critique, sur un des nombreux blogs dont je suis les productions:
http://www.authueil.org/?2007/03/14/342-un-style-de-vie-chretien:

Le “style de vie chrétien” consiste-t-il à participer à la communauté chrétienne? Oui pour une part, bien sûr, mais j’ai tendance à penser, comme l’auteur du billet cité ci-dessus, que ce n’est pas l’essentiel.

 

15-12-2006

“38 ans, célibataire et curé de campagne”

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 22:33 Modifier

Voici un nouveau livre de Pietro de Paoli dont j’avais déjà mentionné “Vatican 2035“. Nettement plus court que le précédent, il traite de la vie actuelle d’un jeune prêtre sous la forme d’un “journal”, et soulève des questions qu’un chrétien un peu ouvert ne peut manquer de se poser.

Il faudrait, plus encore que pour le premier livre, dresser la liste des propositions et des remarques parfois rudes qui parsèment les pages:
“Le Christ ne nous a pas dit de l’aimer, il nous a dit de nous aimer les uns les autres”.
“Les gens, les petites gens, savent. (..) Nous défigurons le Dieu d’amour, et ce visage-là de Dieu, ils ne le reconnaissent pas”.

Dans les premières pages, un peu comme Vatican 2035, le livre peine à trouver son souffle et comprend même des phrases surprenantes (ainsi: “Le peuple a faim et nous n’avons rien à lui donner à manger”; vraiment?). Mais ensuite le récit prend sa dimension véritable.

Comme on aimerait que ce genre de livres soit largement analysé et commenté!

 

29-5-2006

Le manuscrit du Saint Sépulcre

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 20:14 Modifier

Je viens de relire ce roman de Jacques Neyrinck (Cerf) que j’avais à peu près oublié, et suis frappé par les parentés avec mes réflexions!

A travers l’histoire fictive de la découverte d’un squelette sous le Saint Sépulcre, l’auteur aborde bien des questions passionnantes: critique vigoureuse du pharisaïsme de l’église catholique (voir notamment les pages 147 et suivantes), mais aussi… insistance sur les NDE, comme une réalité incontestable qui amène à voir la vie différemment! Et enfin, cerise sur le gâteau à laquelle je ne m’attendais pas, un pape qui quitte ses fonctions et ses vêtements, et abandonne Saint Pierre de Rome:

“Il n’est pas possible d’être le symbole de l’unité en résidant dans une église qui est l’emblème de la division”.

J’ai regardé la date du livre: 1994! Déjà ancien! De mon côté, sur le sujet d’un pape qui démissionne, j’avais écrit en 1990 le texte “Le dernier pape“.

Jacques Neyrinck était, et est peut-être toujours, professeur à l’école polytechnique de Lausanne. Google semble indiquer qu’il a plus récemment exercé aussi des fonctions politiques. Voilà quelqu’un qui a également des points communs avec Mgr Pietro de Paoli:-)

 

23-2-2006

“A Generous Orthodoxy”, livre majeur

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 19:06 Modifier

J’ai déjà évoqué Brian McLaren dans un billet de ce blog. Je viens d’achever la lecture de son livre “A Generous Orthodoxy”, non encore traduit en français, que l’on peut se procurer par exemple sur Amazon.fr. L’impression que me fait un livre en langue originale est souvent différente de celle qu’il me fait ensuite en français, mais là je suis bluffé.

Après un premier chapitre qui correspond à peu près au contenu de la conférence dont j’ai rendu compte par ailleurs, Brian McLaren consacre les trois chapitres suivants à Jésus et au salut.

Le chapitre 4, sur le salut, me paraît particulièrement remarquable et je ne pourrai en donner ci-après qu’un aperçu fort gauche. Dans la Bible, dit McLaren, “sauver” signifie porter secours ou guérir, et pas “sauver de l’enfer” ou “donner la vie éternelle après la mort”, comme tant de prédicateurs l’affirment implicitement dans leurs sermons. Dieu sauve en nous révélant notre péché et en nous pardonnant; il sauve aussi en nous montrant quel est le bon chemin, en nous invitant à accepter la façon de vivre en plénitude que Jésus nous a révélée par sa vie et sa mort. Jésus sauve le monde, dans sa totalité.
Brian McLaren montre alors les limites de l’approche qui consiste à accepter Jésus comme son “sauveur personnel”.

Dans les chapitres suivants il examine successivement un certain nombre de traditions chrétiennes en montrant à chaque fois leurs richesses - le cas des anglicans par exemple est analysé de façon très intéressante - , mais aussi souvent leurs limites; c’est à ses frères évangéliques qu’il réserve ses flèches les plus dures…

Ce livre me paraît une pierre essentielle pour un véritable oecuménisme, où l’on sait voir les richesses de l’apport de chaque tradition, et où l’on intègre tout cela dans une vision tolérante, ouverte au nouveau monde “post-moderne” où nous entrons. Les relations avec les autres religions sont également évoquées de façon très pertinente.

Il reste à espérer que sa traduction française sera disponible dans les grandes librairies, ce qui n’est pas le cas de celui de ses livres déjà sorti en France (”Réinventer l’Eglise”), qui n’apparaît ni sur Amazon ni sur Alapage.com alors que le même livre en anglais y est!

 

11-2-2006

“Christ the Lord”: un livre étonnant

Catégorie: Ouvertures, Bible — Ph.L @ 9:03 Modifier

Pas encore traduit en français - il est sorti aux USA en novembre - “Christ the Lord, Out of Egypt” d’Anne Rice raconte à la première personne la vie de Jésus vers l’âge de 7 ans, de la sortie d’Egypte au premier pélerinage à Jérusalem. Une sorte de journal autobiographique!

Riche en détails bien vus, le livre nous montre Jésus découvrant peu à peu qui il est et le situe dans son environnement, avec Joseph et Marie bien sûr, décrits de façon nuancée, tout le reste de la famille de Nazareth et le contexte de la Palestine à cette époque.

Ce livre est très enrichissant, inspiré pourrait-on dire. J’y retrouve - dans un genre pourtant en principe différent - la subtilité des descriptions d’une Maria Valtorta.

L’auteur, redevenue catholique après de longues années d’athéisme, a ceci de particulier qu’elle était jusqu’alors surtout connue par des romans d’un genre bien différent (vampires etc. !).

“Il vous est né aujourd’hui (..) un sauveur, qui est le Christ Seigneur” (Luc 2,11).

2.04.08 - Le deuxième tome est sorti.

 

2-2-2006

Monseigneur Lustiger, sur le peuple juif

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 10:26 Modifier

Deux ou trois phrases passionnantes sur le peuple juif et sur le Nouveau Testament dans le compte rendu que publie La Croix de la session nationale du Service catholique des relations avec le judaïsme.

Il s’agit, a dit Mgr Lustiger, de bien plus que “d’un contentieux qu’il faudrait guérir ou expurger”.
“La définition de l’Église doit comprendre dans la notion de Peuple de Dieu cette altérité qu’est le peuple juif”.

Je ne me rappelle pas avoir déjà lu ou entendu quelque chose d’aussi fort: le peuple de Dieu comprend le peuple juif. Evident pour certains chrétiens, qui sont convaincus que l’histoire du peuple juif continue, et qu’elle continue à signifier quelque chose dans le plan de Dieu. Mais n’est-ce pas la première fois que c’est dit aussi nettement?

Poursuivant sur cette idée, Mgr Lustiger s’interroge alors sur ce que dit le Nouveau Testament, notamment dans les évangiles.

Il ne s’agit pas, dit-il, “d’éliminer des paroles gênantes. Il s’agit d’un travail de la foi et dans la fidélité à la foi qui consiste à comprendre pourquoi ces paroles nous paraissent aujourd’hui inacceptables“.

Ceci rejoint tout à fait ce que j’écris dans “Approches”, et notamment à la fin du texte 8:

” (…) le Nouveau Testament, comme l’ancien, est daté: (..) la distance que l’on est amenée à prendre par rapport à certains textes de l’Ancien Testament, en expliquant qu’ils correspondent à une idée de Dieu encore peu évoluée, doit s’appliquer aussi au Nouveau Testament: les auteurs avaient une mentalité, des préjugés, etc. qui n’ont plus de sens pour nous.
On le fait pour l’Ancien Testament, bien qu’il contienne la parole de Dieu. Il serait grand temps de le faire aussi pour le nouveau.
Mais une bonne partie de la liturgie serait remise en cause (…) “

 

24-1-2006

Bernard Werber et les accords toltèques

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 21:23 Modifier

J’ai eu l’occasion de lire le livre de Bernard Werber “Le souffle des dieux”, dans lequel il imagine que des “élèves dieux” sont chargés d’influencer (par des songes, etc.) les habitants d’une planète, pour les pousser à progresser. Parfois un peu longuet, mais intéressant. Après tout c’est peut-être ainsi qu’agissent les anges.

Si j’en parle ici, c’est parce qu’en page 141, Bernard Werber reprend un texte que l’on trouve facilement sur le web, “les quatre accords toltèques” de Don Miguel Ruiz, mais en apportant des modifications qui en font quelque chose de très intéressant.
Voici en résumé ce que cela donne (il s’agit de conseils, d’une sorte de code de conduite pour vivre en harmonie):

- “Que votre parole soit impeccable”: ne dites que ce que vous pensez vraiment, n’utilisez pas la parole contre vous-même ni pour médire d’autrui.
- “Ne réagissez à rien de façon personnelle”: ce que disent les autres sur vous, et font contre vous, c’est la projection de leurs peurs, de leurs problèmes. Exemple: si quelqu’un vous insulte, c’est son problème, pas le vôtre.
- “Ne faites aucune supposition”: ne commencez pas à élaborer des hypothèses négatives face à quelque chose d’inattendu (exemple: quelqu’un est absent..); ne vous convainquez pas vous-même de vos propres peurs.
- “Faites de votre mieux”: tentez, entreprenez, mais si vous échouez ne vous culpabilisez pas et n’éprouvez pas de regrets.

Il me semble qu’il y a là des règles de vie assez utiles.

 

Brian McLaren

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 11:30 Modifier

(dernier commentaire: lundi 2 octobre 2006)
J’ai assisté samedi à la journée avec Brian McLaren organisée par “Evangile et Culture et “Témoins“.

Un article détaillé présentant les idées de Brian McLaren figure sur le site de Témoins.

J’étais intéressé par les idées de Brian McLaren, mais en même temps je l’imaginais, vu le titre incroyablement long de son dernier livre, comme quelqu’un de farfelu. Je pensais que son “église émergente” était une sorte de truc complètement déjanté, mélange de new age peut-être.

D’où ma surprise et ma satisfaction d’avoir rencontré quelqu’un de profondément humain, très oecuménique, très calme et extrêmement ouvert au dialogue avec chacun des participants.

L’une de ses nombreuses idées est de proposer que chacun de nous, dans l’Eglise à laquelle il appartient, tâche de trouver ce qu’il y a de positif dans les autres églises. Et il a commencé par montrer, au début de son exposé, comment les différentes traditions spirituelles chrétiennes l’avaient enrichi et quel aspect de la théologie est spécialement mis en avant par chacune.

“Pour dialoguer avec quelqu’un, ou pour faire dialoguer deux chrétiens, proposez que chacun raconte son itinéraire spirituel, et ce que le Christ est pour lui et a fait pour lui”.
“Ce n’est pas étonnant que chacune de nos églises ait une idée négative des autres: elle voit venir vers elle ceux qui n’ont pas été satisfaits dans l’autre église; ceux qui sont satisfaits, et qui sont la majorité, elle ne les voit pas”…

Une très belle approche du christianisme, généreuse en effet!

 

25-11-2005

Découverte d’Edgar Morin…

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 21:59 Modifier

Bien sûr je connaissais son nom, et avais sûrement feuilleté un de ses livres en librairie. Leurs titres à vrai dire m’effrayaient: “La nature de la nature”, “L’humanité de l’humanité”…
Je viens d’assister cet après-midi à la Défense à la conférence qu’il donnait aux “Semaines sociales”: quelle clarté, quelle pensée qui va droit à l’essentiel! Voilà, ai-je dit à ma femme Catherine en rentrant, quelqu’un qui a tout compris! Je veux dire, quels sont les problèmes essentiels, à savoir la nécessité: d’une approche systémique et interdisciplinaire des problèmes, d’une prise de conscience de ce que notre connaissance comprend des erreurs, etc. Il aimerait que soit créé dans chaque université une sorte “d’Institut de culture fondamentale” qui réfléchirait notamment sur la connaissance et ses limites.

Son petit livre “Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur” (Seuil 2000) résume clairement ce que sont les priorités pour notre monde: enseigner, aux étudiants d’abord puis peu à peu aux élèves des collèges puis des écoles ce que sont “les cécités de notre connaissance”, “la condition humaine”, “l’identité terrienne”, “affronter l’incertitude”, et “enseigner la compréhension” (de l’autre), ce qui rejoint clairement un souci des chrétiens.

Problème: il prêche dans le désert, tant aux Semaines sociales où visiblement une partie des participants n’a rien compris; et de même quand il s’adresse aux gouvernants, puisqu’il indique dans un de ses livres qu’aucune des propositions qu’il avait été chargé de faire à un ministre de l’éducation nationale il y a quelques années n’a été retenue.
Et pendant ce temps là nous roulons vers l’abîme…

 

12-10-2005

Contacts avec l’au-delà…

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 16:25 Modifier

Je tombe à la bibliothèque municipale sur deux livres qui décrivent des contacts avec l’au-delà pas tellement différents dans ce qu’ils rapportent de “L’explorateur de l’au-delà” dont j’ai parlé dans les pages principales d’Approches.

L’un date de 1995, “L’autre côté de la vie”, de Philippe Ragueneau. Dans une première partie il raconte la mort d’une femme qui eut son heure de célébrité, Catherine Anglade; la suite est le dialogue qu’elle a poursuivi avec son mari depuis l’au-delà, et l’aide qu’elle lui a parfois apportée très concrètement… J’ai pensé, malgré la différence considérable entre les deux ouvrages, au livre de Paulette Boudet “Ce combat n’est pas le tien”, bien connu des charismatiques.

L’autre, “Karine après la vie” (Albin Michel 2002), raconte notamment les contacts de parents avec leur fille décédée. Je n’avais pas tout à fait fini de le lire en rédigeant ces lignes et j’allais écrire, ce qui me paraît exact, que l’ensemble de cet ouvrage relève du spiritisme lorsque je vois, page 150, que Pie XII approuvait les techniques en question et disait que ce n’était pas du spiritisme mais bien des “études scientifiques appelées à fortifier la foi des gens dans l’au-delà”…
Un bon exemple pourtant du pouvoir de certains médiums, avec en même temps une mise en garde sérieuse: il ne s’agit pas de jouer avec cela.

 

7-10-2005

Voyages et liens

Catégorie: Ouvertures, Bible — Ph.L @ 9:11 Modifier

Un texte de mon ami Claude Hériard, dans lequel il reprend un passage d’Urs von Balthasar sur Marie à la limite des deux testaments, chair et sang rejetés, mais en même temps associés complètement à la passion. Une très belle méditation.

Un commentaire sur la Bible des Septante, dans le blog “orthodoxie.com“:
“On aurait tort de croire que le texte de cette version grecque est moins fiable que celui du texte hébreu, puisque le modèle hébreu qui a servi de référence à la traduction grecque est aujourd’hui perdu et que le texte hébreu qui sert de base à la plupart des traductions actuelles (appelé « texte massorétique ») est plus récent que cette version grecque et représente une interprétation particulière et assez tardive du texte hébreu originel.”

“TopChrétien” reproduit un article anglais du TimesOnline dont le titre est “Les plus hautes autorités catholiques ne croient plus à la vérité de certaines parties de la Bible”. Il faudrait naturellement lire le document original de l’épiscopat anglais. L’article écrit par exemple: “Voici quelques versets que le document qualifie de faux” (suivent les références Genèse 2; 21-22 Genèse 3;16 Matthieu 27;25 Apocalypse 19;20). Donc en résumé et d’après cet article, les catholiques disent que la Bible dit parfois des choses fausses.

Comme plus ou moins chaque mois, je rassemble ici des informations diverses, en mettant les plus récentes au dessus.

 

19-9-2005

Du “pays de l’ogre” à la liberté

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 15:42 Modifier

Après avoir relu avec toujours plus d’émerveillement “Le moine et la psychanalyste” de Marie Balmary, j’en reproduis ci-après juste un passage; mais il y en a des centaines, bien différents les uns des autres, que j’admire.
C’est un des personnages du roman qui parle, pendant un échange sur la fausse idée de Dieu, “ogre”, qu’ont beaucoup de gens:

“… les lieux de culte devraient être des temples-hopitaux. On y arriverait malades, sous l’emprise de celui qui dévore; on y découvrirait des récits-médecins laissés par ceux qui en sont sortis avant nous, récits qui soignent et donnent des forces; des récits-cartes, des récits-guides pour sortir du pays de l’Ogre. On trouverait aussi des amis avec qui tenter la sortie.”

 

3-5-2005

Paranormal et surnaturel

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 11:55 Modifier

J’ai été frappé en relisant le livre du Deutéronome par la phrase suivante: “Il n’y aura personne chez toi (…) (pour) pratiquer la magie (..), recourir à la divination ou consulter les morts” (18,10). On sait aussi que Saül consulte une magicienne et dialogue avec l’esprit de Samuel (1° livre de Samuel 28,14).

J’ai également été frappé par le fait que dans l’Exode les magiciens du Pharaon peuvent reproduire un certain nombre des prodiges réalisés par Moïse et Aaron.

La question que je me suis posée est la suivante: faut-il raisonner en termes binaires, et dire comme le font certains évangéliques qu’il y a ce qui est “bien” et ce qui est “mal”, et que tout ce qui n’est pas inspiré par Dieu est “satanique”?

Pour dire les choses autrement: est-ce que les magiciens du Pharaon tenaient leurs pouvoirs d’esprits mauvais?

A notre époque, on entend parler de ce que semblent pouvoir faire certains sorciers africains, ou encore des pouvoirs exceptionnels de certains maîtres indiens.

Plutôt que de raisonner en termes binaires, on peut se demander s’il n’y a pas là, au delà de ce que notre science occidentale reconnaît, un certain nombre de capacités potentielles de l’homme que seuls certains individus ou certaines “écoles spirituelles” maîtrisent (plus ou moins). Tout ce que l’on classe sous le vocable de paranormal pourrait en faire partie, qu’il s’agisse de télépathie, télékinésie ou de beaucoup plus encore.

Ces capacités se situent en quelque sorte “aux frontières de l’au-delà”. La question intéressante est alors de se demander pourquoi Dieu a interdit à Israël d’y avoir recours! Il y a là une sorte de limitation volontaire, de séparation entre le domaine terrestre et le domaine du paranormal. Limitation “productive”, c’est à dire qui permet le progrès spirituel d’Israël, et ensuite des chrétiens.

En somme l’hypothèse que j’évoque est la suivante: ces capacités paranormales existent potentiellement dans l’homme. Mais Dieu a voulu guider Israël et les chrétiens sur une autre voie.

Et donc il est peut-être temps, maintenant que notre compréhension de l’amour selon Jésus - et notre science! - a beaucoup progressé, de ne pas “diaboliser” tous ces phénomènes, mais de les examiner prudemment. Ils font, semble-t-il, partie du réel!

 

23-3-2005

La vie continuera…

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 11:35 Modifier

Beaucoup de gens, y compris des chrétiens, pensent à ce qu’ils veulent faire dans la vie en ayant en tête, explicitement ou implicitement, que tout s’arrête à la mort.

Ma façon de penser “l’avenir” est que mon existence, le développement de ma personnalité, continueront après la mort.
Elle marquera de grands changements, certes, et je ne verrai très probablement plus les choses de la même façon!
Mais j’imagine que j’aurai toujours à “chercher le royaume de Dieu”, quoique d’une façon nouvelle; à apprendre à aimer, encore mieux.

A continuer en somme ce que j’essaie de faire actuellement.

“Vita mutatur, non tollitur” (”la vie change, elle n’est pas enlevée” - liturgie des funérailles).

 

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