Aimer, approches (blog)

23-3-2005

La vie continuera…

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 11:35 Modifier

Beaucoup de gens, y compris des chrétiens, pensent à ce qu’ils veulent faire dans la vie en ayant en tête, explicitement ou implicitement, que tout s’arrête à la mort.

Ma façon de penser “l’avenir” est que mon existence, le développement de ma personnalité, continueront après la mort.
Elle marquera de grands changements, certes, et je ne verrai très probablement plus les choses de la même façon!
Mais j’imagine que j’aurai toujours à “chercher le royaume de Dieu”, quoique d’une façon nouvelle; à apprendre à aimer, encore mieux.

A continuer en somme ce que j’essaie de faire actuellement.

“Vita mutatur, non tollitur” (”la vie change, elle n’est pas enlevée” - liturgie des funérailles).

 

La foi, une question de chimie?

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 11:32 Modifier

Un généticien américain vient de publier un livre (”The God Gene”, DoubleDay - non encore sorti en France) dans lequel il indique que la production de monoamines par l’organisme influe sur l’attitude religieuse.

“Je ne vois rien de sacrilège, écrit Jean-Louis Servan-Schreiber qui transmet l’information, à observer que certains seraient doués pour la foi, comme d’autres pour les mathématiques, le dessin ou la sensualité. Rien de scandaleux à prévoir que l’on nous proposera un jour des pilules capables de développer l’un ou l’autre de ces talents” (”Psychologies magazine”, janvier 2005 p.5).

“Apprendre que toute pensée ou émotion résulte d’échanges électrochimiques dans notre cerveau ne nous dispense pas de nous demander pourquoi celui-ci existe” ajoute-t-il avant de conclure:
“Match nul, donc, entre science et métaphysique”.

Je noterai déjà que la foi et l’amour sont deux choses différentes, et que c’est l’amour qui compte!
Mais il est vrai que la capacité d’imaginer l’invisible, de baser sa vie sur l’au-delà, peut être plus ou moins grande selon les individus. En partie en raison de leur histoire, autant que de facteurs génétiques; on retrouve ici la tendance des généticiens à croire que tout est inné. Voir dans “Pertinences” un texte à ce sujet.

Quant à la “pratique de la foi”, elle développe la capacité d’avoir la foi…

Dieu peut convertir n’importe qui; mais il est possible que d’un point de vue statistique la découverte de cet américain soit pertinente. 

 

La révélation: plus que des propositions énoncées par Dieu

Catégorie: Approfondissement — Ph.L @ 11:26 Modifier

Dans un communiqué d’il y a quelques mois, la commission doctrinale des évêques de France, critiquant un livre de D.Cerbelaud sur Marie, affirme notamment ce qui suit:

“Le type de méthode adopté par l’auteur pour analyser les composantes du dogme marial dans la foi catholique signale une conception surprenante de la Révélation. Il paraît souvent loin d’avoir intégré l’enseignement du concile Vatican II : dans la constitution Dei Verbum, celui-ci reprend la vision la plus traditionnelle de la Révélation comme l’ouverture en plénitude par Dieu à l’homme de son être divin dans le Christ, le Verbe incarné. Au contraire, l’auteur examine le dogme comme si la Révélation consistait avant tout en propositions verbales énoncées par Dieu avec autorité. Dans une telle perspective, la plénitude de la Révélation procurée par le Christ ne permet de prouver la vérité du dogme que par la découverte dans l’Écriture sainte d’un mot ou d’une expression correspondant exactement à ce que l’Église enseigne.

“Mais si la Révélation est essentiellement l’appel adressé par Dieu à la créature humaine d’entrer en communion avec lui dans la libre obéissance de la foi, le caractère définitivement achevé de la Révélation n’empêche nullement l’union de s’approfondir, tout au contraire, et de devenir plus consciente d’elle-même. La vérité du dogme ne se montrera pas alors par la présence matérielle, dans la lettre, de la doctrine énoncée mais par le fait, plus complexe mais plus vivifiant et plus prégnant, que tel énoncé contribue à mettre en lumière la portée de l’oeuvre révélatrice et rédemptrice.”

Je traduis: ne pas s’en tenir au seul texte de la Bible, mais réfléchir dessus…

 

“Même la poussière qui s’est collée à nos pieds, nous vous la laissons…”

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 11:23 Modifier

L’attitude proposée par ce passage (Luc 10,11 et parallèles) est-elle encore considérée comme vraiment chrétienne au XXI° siècle?

C’est là un exemple de la progression qui se fait me semble-t-il dans la réflexion sur l’attitude chrétienne.

Peut-on imaginer qu’un chrétien véritable dise ou fasse quelque chose de ce genre, face à quelqu’un qui ne veut pas l’écouter? Sincèrement je ne le crois pas!

L’attitude ne serait pas du tout celle-là, au XXI° siècle. Il me semble qu’on resterait amical, et qu’on serait humble. Alors que l’attitude décrite ci-dessus est qualifiée par la Table pastorale de la Bible de “dédain, malédiction”, et que la TOB de son côté précise: “geste de rupture” avec une “ville jugée indigne de recevoir l’évangile”….

Il me semble que la bonne attitude n’est pas, aujourd’hui, celle que nous prescrit ce passage d’évangile (et de même Actes 13,51).

Elle est plutôt par exemple celle proposée par Eloi Leclerc: l’amour est premier, et non l’annonce intellectuelle d’une connaissance que nous maîtrisons bien mal nous-mêmes:

“Ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile” (2 Co 4,7).

 

Continuité, et nouveauté!

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 11:01 Modifier

Catholique, je suis sensible à ce que représente, comme réalité qui a traversé les siècles, l’eucharistie célébrée par des prêtres ordonnés par les évêques qui se sont succédés depuis les débuts de l’Eglise. Il y a là une formidable continuité, nécessaire presque sûrement pour affirmer la présence divine parmi nous.
Et la “présence réelle” dans le tabernacle fait partie pour moi de cette réalité à laquelle je crois, que je respecte très profondément et devant laquelle je prie.

Mais en même temps! Comme je l’explique dans divers textes du site “Approches”, pourquoi ne pas admettre que certains chrétiens voient les choses différemment? Que pour eux ni cette continuité, ni cette façon de célébrer la cène n’aient de sens!

L’unité, que chacun réclame, peut être vue de plusieurs façons:
- Ou bien comme l’uniformité autour de la “totalité de la foi” comme le demande malheureusement une des oraisons que nous avons lues pendant la semaine de l’unité.
- Ou bien comme une diversité! Les protestants y sont habitués! Pour eux, l’église catholique n’est qu’une des variantes parmi les nombreuses variantes de christianisme qu’ils connaissent. Il y a moins de différence entre les catholiques et certains luthériens qu’entre ces derniers et certains évangéliques!

Accepter “l’unité dans la diversité”, ce peut être aussi une façon de permettre des initiatives.

L’acceptation de la différence, au sein d’une “communion de tous les chrétiens”, peut d’ailleurs se concevoir à deux niveaux:
- Ou bien demander la réciprocité: j’admets que vous par exemple, évangéliques, vous célébriez différemment et que votre foi diffère sur certains points; mais j’attends que vous admettiez en sens contraire que ma façon de croire et de célébrer a aussi sa légitimité.
- Ou alors, carrément audacieux: je te reconnais comme chrétien bien que tu sembles parfois ne pas me reconnaître comme tel! (”L’Eglise catholique, c’est Satan”)… Unité proposée sans rien attendre en échange: je sais que tu te considères comme chrétien, et je t’admets, quand tu voudras, parmi mes frères; sans condition…

 

Adaptation à la culture moderne

Catégorie: Recherches — Ph.L @ 10:56 Modifier

Comment les chrétiens peuvent-ils être compris des hommes d’aujourd’hui?

Parmi les nombreuses pistes explorées à ce sujet par Henri Bacher dans son site Logoscom, l’une d’elles concerne le fait que nous ne sommes plus à l’époque de l’écrit, et qu’il faut savoir s’exprimer selon le langage des hommes de notre époque: être grecs avec les grecs, etc.

Le dernier texte qu’Henri Bacher vient de mettre sur son site pose à nouveau la question, et encourage le pasteur à laisser les jeunes, qui sont en général les plus à l’aise avec cette culture, prendre des initiatives: pourquoi pas par exemple un culte animé par eux l’après-midi, distinct du culte “traditionnel” du matin?

Quelques extraits:

“.. L’église-mère et la « filiale postmoderne » travailleront en réseau. Vous serez le pasteur du réseau, mais pas son patron (..)
- Laissez beaucoup de place à l’expérimentation, aux erreurs, aux échecs. Sans échecs pas de développements importants!
- Définissez ensemble ce qui n’est pas négociable (certaines options théologiques fondamentales, comme par exemple, Jésus-Christ mort et ressuscité), ce qui est négociable (la pratique, par exemple, des dons spirituels) et ce qui est du domaine de la liberté (habillement, langage, disposition de la salle de culte, etc.).
- Mettez en place une instance interne de recours pour les litiges.
- Préparez l’ancienne communauté à ne pas s’attendre à être clonée, mais à donner naissance à un organisme totalement différent de l’ancien.”

A méditer, comme beaucoup d’autres textes de ce site “trois étoiles” !

 

7-3-2005

Pourquoi le Pape ne démissionne pas…

Catégorie: Approfondissement — Ph.L @ 13:40 Modifier

Courrier International n° 748 page 13 indique qu’une étude a été effectuée il y a quelques années à la demande de Jean-Paul II sur la question de la démission du Pape. L’auteur de l’étude, un cardinal éminent qui est mort depuis, concluait qu’il y avait un risque en cas de démission du Pape: c’est que si une partie des catholiques n’est pas d’accord avec les décisions prises par le nouveau souverain pontife, il se crée une sorte de schisme, aux conséquences potentielles graves pour l’église; une partie des fidèles continuant à se réclamer de l’ancien pape et en appelant à lui… C’est donc semble-t-il pour préserver la liberté de son successeur que Jean-Paul II ne démissionne pas.

 

2-3-2005

Des millions d’années?

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 11:39 Modifier

Echange de messages, après le Tsunami

Cher P.!
Merci pour votre message plein de bon sens qui rejoint tout à fait des questions que je me pose, et qu’il paraît sain de se poser! Et du coup je lui réponds aussitôt!

>Objet: “Une question saugrenue”
> Je suis préoccupé par une question qui me dérange et que je vais avoir beaucoup de mal à énoncer clairement:
> Sommes nous, nous les hommes, au beau milieu (otages!) d’une “guerre” entre Dieu et l’esprit du mal? A-t-Il estimé que nous puissions être d’un quelconque secours?
> L’Amour qu’Il nous porte et que Jésus nous a transmis est certainement “la solution”, mais quel gâchis! Deux mille ans après nous ne savons pas encore aimer! Il y a des exceptions, elles font la une des médias, mais moi, mon entourage, nous sommes tellement maladroits et pleins de contradictions!
> Alors pourquoi sommes nous “dans” cette galère? Il faudra, à ce rythme, des millions d’années! Bien sûr, pour Dieu, une seconde ou mille ans… En attendant la misère grandit, les guerres sont plus atroces et notre petite terre y met du sien pour noyer les enfants ou leurs parents! Que de misère Seigneur!
> Cet élan de solidarité, récemment déclenché, est-il Signe ? L’aide sera t elle de longue durée? Sans être pessimiste je vois bien qu’à la première bavure d’une ONG, au premier détournement d’un malin, il y aura repli sur notre confort!
> Ma logique humaine est bien courte certes, mais bien déroutée par ces éléments apparemment contradictoires!
> Devant mon clavier je me suis laissé emporter plus loin qu’une petite question “saugrenue”, mais j’envoie l’ensemble et serais heureux que vous ayez le temps d’y répondre. Merci!
> Et que le Seigneur nous éclaire!

Oui, quelle difficulté, et aussi, comme vous le dites, quel gâchis! Il m’arrive de pleurer en pensant que dès l’époque des Psaumes, un certain nombre de clefs spirituelles essentielles avaient été repérées, et que nous en sommes toujours aussi bas: que le christianisme (le judéo-christianisme) a si peu influencé apparemment l’histoire et le comportement des hommes, et des chrétiens en particulier; que nous sommes si loin d’un comportement évangélique.

Sur le site “Choisis d’aimer”, il y a le texte, assez long, d’une conférence du Père Duval-Arnould, qui est, en ce qui concerne le problème du mal, ce que je connais de meilleur: Jésus, explique le père Duval Arnould, ne nous a pas dit pourquoi il y a le mal; il nous a “seulement” donné la voie pour agir personnellement, pour avancer en ce qui nous concerne.

Pourquoi nous sommes dans cette situation: je retournerais volontiers le problème, en faisant exprès, un instant, d’oublier la révélation et de me contenter de voir le monde d’un point de vue purement humain (ou scientifique): il y a passage progressif, pour l’humanité, de l’animalité à un nouvel état, qui pour l’instant n’exclut nullement la violence; mais à l’échelle des millénaires, et si nous n’avons pas cassé notre terre avant, il y a peut-être, sinon “progrès”, du moins assurément évolution.

Comme je l’ai dit plus haut, ce que Jésus nous propose, c’est un chemin d’amour personnel; il ne nous dit pas pourquoi le monde est dans cet état. Cela dépasse peut-être complètement notre compréhension.

Deux hypothèses majeures viennent à l’esprit:
- soit en effet, comme vous le dites, il y a un combat supérieur; nous sommes dans une barque, sur des flots agités par des puissances qui se combattent. Il est important alors de noter que Dieu ne se montre pas le “tout puissant”, expression qui passe mal à notre époque, mais le “très bas” (Christian Bobin), le tout amour, qui meurt avec nous.
- soit il s’agit “simplement” d’une loi de croissance, qui fait passer le monde de la matière vers le spirituel, avec tous les soubresauts qui accompagnent ce passage; et ce n’est qu’après la mort que nous comprendrons le sens des souffrances et des malheurs. L’homme moderne se révolte volontiers contre cette hypothèse. Je reconnais qu’elle est un peu courte, et que jamais il n’est possible de la présenter à quelqu’un qui souffre!

Donc ce qu’il en est du monde, nous ne pouvons le dire; mais pour chacun de nous, Jésus ouvre une voie d’amour et de paix intérieure, et c’est “quand même” fondamental! La croissance intérieure du royaume en nous n’a pas de limites, nous pouvons rayonner de louange et de charité; vivre confiants parce que l’amour de Dieu est devenu une réalité dans notre vie. Et, comme le dit Jésus à Pierre dans le dernier chapitre de l’évangile de Jean, accepter que Jésus nous dise: “Que t’importe! Toi, suis-moi!”, c’est à dire: “en ce qui te concerne, vis selon mon amour, et ne cherche pas à tout comprendre”.

Il faudra, dites-vous, des millions d’années: personnellement je ne vois pas l’histoire de la terre comme devant se prolonger forcément longtemps: je la vois un peu comme une planète quelconque dans une galaxie quelconque, qui mourra d’une mort banale (ou par suite d’une guerre) dans n années (n compris entre, mettons, 50 et 500 000…). Elle mourra comme chacun de nous meurt. Je ne crois pas du tout - en tout cas je ne base pas du tout ma réflexion - sur l’hypothèse optimiste d’une montée vers le royaume *sur terre*: il y a là je crains un malentendu, une continuation de l’espérance - erronée - de l’ancien peuple juif: “Est-ce maintenant que tu vas rétablir le royaume?”. Teilhard était me semble-t-il dans cette ligne, qui me paraît fort hasardeuse.

Mais l’existence continue après la mort: c’est une des idées force que nous apporte le “fait Jésus”. Et dès lors, comme nous savons très peu, voire rien du tout, sur cet au-delà, il faut se contenter de vivre (d’essayer de vivre) comme Jésus nous le propose: dans la louange et la charité…

Dites-moi ce que vous en pensez; ou bien, ce qui serait encore mieux, venez nous rejoindre, sans aucun engagement, sur “Echanges Chrétiens sur le Net”, qui est bien le lieu où, à quelques dizaines de chrétiens, nous échangeons sur des sujets comme celui là!

Au plaisir de vous lire,

Fraternellement en Christ

Philippe L

 

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