Aimer, approches (blog)

17-5-2005

“Pages vues”

Catégorie: Approfondissement, Bible — Ph.L @ 20:06 Modifier

Un nouveau texte d’Henri Bacher, sur la Bible comme carte d’un territoire qui est le monde invisible, “aussi réel que le monde visible”…

“La base de la science, c’est le doute, dit le philosophe Olivier Abel (entendu sur Fréquence protestante). S’il y a une hypothèse qu’on n’est pas prêt à mettre en doute, ce n’est plus de la science, c’est du dogmatisme.”

Une phrase de Christian de Chergé entendue sur Radio Notre-Dame et que je reproduis de mémoire:
“Nous avons tous des préjugés: les musulmans par rapport aux chrétiens et les chrétiens par rapport aux musulmans. Quand j’arriverai auprès du Père, je comprendrai comment lui les voit; donc essayer de les voir dès à présent, non pas avec mes préjugés, mais comme lui les voit.”

Une lettre de lecteur, en anglais, sur l’éducation religieuse des enfants dans un couple dont la femme est juive pratiquante (libérale) et le mari méthodiste: l’idée est de les élever dans la religion juive jusqu’à 13 ans, en leur laissant le choix de passer au christianisme. Le journaliste répond qu’il doute qu’il soit approprié d’avoir les deux séries de symboles religieux à la maison, et de fêter les deux séries de fêtes.

A l’occasion de la mort de Ricoeur - un très grand - cet interview de lui, datant d’il y a deux ans, reproduit par La Croix.

TopInfo reproduit un article du Chicago Tribune au sujet de l’influence du vaudou sur les prostituées africaines, qui pensent que si elles quittent la prostitution des malheurs arriveront à leur famille.

Dans le journal américain “Times Argus“, un lecteur répond à une lectrice à propos du christianisme, qu’elle rejette: “Lisez un évangile, et regardez les paroles du Christ: c’est la plus haute éthique qui ait jamais été enseignée. Il était inévitable que toutes sortes de gredins, y compris dans le clergé, prétendent y adhérer pour couvrir leurs actes. Est-ce que cela discrédite l’enseignement du Christ ou encore les véritables chrétiens qui suivent réellement son enseignement?” (j’ai résumé le texte).


©N.Y.T
Cette photo qui figure sur le site du New York Times montre une banale église de campagne?
Oui, mais avec une particularité, c’est que nous sommes en Chine, dans la province du Hebei, … et qu’il s’agit d’une église catholique rattachée à Rome (église “souterraine”, ou comment dit-on?), qui fonctionne avec l’accord des autorités locales! Alors qu’au niveau national évidemment seule l’église patriotique est reconnue.

“La Russie n’est pas un territoire païen à convertir”: un journaliste italien attribue ces paroles à Benoît 16 (Courrier International n°759 p.16). Phrase intéressante puisqu’elle va dans le sens de la reconnaissance des évêques orthodoxes comme évêques de l’unique Eglise dans les pays essentiellement orthodoxes; ce qui ne règle pas évidemment la question des catholiques qui habitent ces pays, mais fournit une base de dialogue avec l’orthodoxie.
En sens contraire un article américain, peut-être mal traduit, évoque le fait que la concurrence entre religions est une des dimensions inévitables du monde moderne, à laquelle la plupart des églises orthodoxes ne se sont pas adaptées.

Un article juif donnant une liste de raisons pour lesquels les juifs ne reconnaissent pas Jésus comme le messie. Le texte n’est pas toujours parfaitement informé (par exemple il ne dit pas que c’est la Bible des Septante qui a adopté la traduction “parthenos”), mais mériterait réponse.

Un début d’encyclopédie catholique en ligne suivant la méthode Wikipedia. Peu de choses encore dedans, mais séduisant.
Un paralysé guéri lors d’une session charismatique.
Je rajoute désormais les nouveautés en tête, c’est plus clair pour les lecteurs RSS.
Bienvenue à madame le prêtre“: L’église “catholique chrétienne” s’est séparée de l’église catholique après Vatican 1, et a évolué depuis; en Suisse elle admet le mariage des prêtres et l’ordination des femmes.
Un commentaire sur la célèbre phrase du Notre Père, “ne nous soumets pas à la tentation”: l’auteur du livre recensé préfère - comme moi - “ne nous laisse pas entrer (ou: “fais que nous n’entrions pas”) dans la tentation”; curieux, de ce fait, qu’il ait mis le mot “épreuve” dans le titre de son livre…

 

15-5-2005

“Pentecôte en Asie”

Catégorie: Recherches — Ph.L @ 20:16 Modifier

En ce jour de la Pentecôte, je découvre sur le site du “National Catholic Reporter” ce livre américain:

“Pentecost in Asia” - A new way of being church. Thomas C. Fox, Orbis Books 2002.

Voici le résumé qui en est fait:

“A quoi ressemblerait l’Eglise catholique si c’était la recherche intransigeante de la justice et de l’harmonie qui caractérisait sa mission dans le monde? Que se passerait-il si les priorités de l’Eglise se modifiaient, de sorte que sa première mission devienne de vivre la solidarité avec les plus pauvres des pauvres? Comment le catholicisme apparaîtrait-il au monde et aux autres religions si son premier mode d’évangélisation devenait tout simplement de vivre l’évangile?

“Et si les évêques considéraient leurs théologiens comme de vénérables “maîtres”, les associant à leurs délibérations sur la doctrine et sur les questions pastorales?
“Comment l’autorité serait-elle transformée au sein de l’Eglise si la recherche du consensus devenait un des principaux moyens pour définir les orientations? Ou encore si les dirigeants avaient conscience qu’en dernière analyse l’autorité sur les membres de l’Eglise se mérite?

“Ce serait un nouveau type de catholicisme. Et comme le montre Thomas Fox, ce catholicisme est déjà né et il existe en Asie depuis une trentaine d’années.
“C’est un catholicisme qui propose une vision nouvelle et rafraîchissante de l’église, une vision globale pour le 21° siècle.”

Il faudrait naturellement lire le livre ou avoir d’autres sources d’information pour en savoir plus!

(Comme je l’ai indiqué sur le blog “Parler du web“, le web catholique américain est d’une très grande richesse, que je commence seulement à découvrir).

 

Hébreux et religions égyptiennes…

Catégorie: Recherches — Ph.L @ 13:48 Modifier

Scientifique de haut niveau et égyptologue, Joseph Davidovits pense avoir trouvé la trace du séjour des Hébreux en Egypte. Dans son livre “La Bible avait raison” (Jean-Cyrille Godefroy 2005) il rapproche la figure de Joseph de celle d’Amenhotep fils de Hapou, et examine les religions égyptiennes, dont certaines sont basées sur la taille de la pierre alors que d’autres au contraire l’interdisent.

Dans un livre antérieur (”Ils ont bâti les pyramides”) et sur son site (qui vaut le détour) http://www.geopolymer.org/fr/science_archeologie/ il montre pourquoi à son avis les blocs qui constituent les pyramides égyptiennes ont été moulés par mélange de minéraux et non taillés.

Or la religion du sud de l’Egypte comporte dès l’Ancien Empire la figure du dieu potier Khnoum, qui crée l’homme à partir du limon - de sorte que, écrit Joseph Davidovits, l’agrégation d’argiles est un acte sacré. Au contraire la tradition du Dieu Amon s’associe à la pierre taillée et à la création de l’homme par taille dans une partie du Dieu (on semble retrouver ici les deux récits de la Genèse…).

Après avoir montré comment le nom donné à Joseph par le Pharaon (Genèse 41,45) n’est autre que l’écriture à l’envers de Amenhotep, Joseph Davidovits fait l’hypothèse, en se basant sur les péripéties des luttes entre religions en Egypte, que le clan de Joseph et peut-être les autres artisans sacrés qu’il a formés à l’agglomération de la pierre se trouvent peu à peu exclus puis exilés.

Le livre est assez touffu; la conclusion qu’on peut en dégager va fort loin: la religion des Hébreux serait en fait une des variantes (qui a beaucoup évolué ensuite!) des religions égyptiennes. Certains spécialistes à vrai dire le pensaient déjà.

 

14-5-2005

Peut-on débattre dans l’Eglise?

Catégorie: Approfondissement — Ph.L @ 15:21 Modifier

L’Eglise des USA est fort divisée: je le découvre à l’occasion de la mise à l’écart qui vient d’être annoncée du directeur d’une prestigieuse revue jésuite américaine, “America”, à la suite de critiques de la Congrégation pour la doctrine de la foi et de l’élection du nouveau Pape . Cette revue avait semble-t-il l’habitude de publier sur de nombreux sujets contestés plusieurs points de vue: qu’il s’agisse de la contraception, de l’euthanasie, de l’homosexualité ou de l’ordination de femmes…

Les réactions sont très vives aux USA. Il faut dire que, d’après certains, 90% des théologiens américains sont en désaccord avec le Vatican sur l’un ou l’autre des points ci-dessus, et souvent ne le cachent pas à leurs étudiants…

En sens contraire, il y a là bas des tenants d’une chasse aux sorcières, qui ont dressé la liste des théologiens qu’ils aimeraient voir réduire au silence. Voilà donc encore un sujet sur lequel les américains sont fort divisés, et où le risque d’une vague conservatrice existe.

Le débat n’est-il donc pas possible dans l’église? Une bénédictine américaine célèbre écrit que parler de “pensée catholique” sera désormais un oxymore (contradictoire dans les termes). L’église allemande aussi, d’après ce que j’entends dire, rue dans les brancards.

Une autre approche, beaucoup plus subtile et prudente, est celle de théologiens qui analysent l’écriture et la tradition et montrent en quoi les pratiques actuelles de l’Eglise catholique s’en écartent. Ensuite, “Qu’il entende, celui qui a des oreilles pour entendre”.

Un excellent exemple de cette démarche est fournie par un texte du Père Hervé Legrand sur le rôle de l’évêque http://www.catho-theo.net/article.php3?id_article=82.
Il analyse finement les différentes dimensions de la fonction de l’évêque et les pratiques de l’Eglise des premiers siècles, et montre combien certaines pratiques actuelles s’en écartent et s’opposent au dialogue oecuménique. C’est dit à la manière d’un savant, donc le grand public ne le lira pas; mais c’est me semble-t-il aussi critique que ce qui peut être dit ailleurs, et vraiment bien fondé par rapport à l’écriture et à la tradition!

Cette attitude rejoint celle d’autres théologiens (Duquoc, Sesboüé etc.), qui dans certains de leurs livres n’hésitent pas à contester pas mal de choses, pour qui sait lire. Mais peut-être que, comme c’est dit très gentiment et pas dans des revues grand public, cela ne fait rien bouger…

Confions cela au Seigneur!

 

6-5-2005

Trois étapes de la vie intérieure

Catégorie: Approfondissement — Ph.L @ 16:53 Modifier

Dans son livre sur Tobie, Benoît Billot cite “l’histoire des trois gourous”, qu’il a lue un jour:

“Certains maîtres hindous disent que dans la vie on rencontre toujours un premier gourou, qui est le gourou collectif, c’est à dire le groupe humain dans lequel on est né, qui nous a élevé, qui nous a fait choisir un certain nombre de valeurs, qui nous a donné du goût à la vie. C’est très bien, mais insuffisant. Il faut pour bien faire, mais c’est beaucoup moins fréquent, rencontrer le deuxième gourou, qui est une personne. Une personne qui nous aide à émerger personnellement de cette première gestation, qui aide notre être, notre être profond, à trouver sa forme dans le monde. Mais ce deuxième gourou doit s’effacer un jour pour donner naissance au troisième qui est le gourou intérieur (..)”

Plutôt que des “gourous”, j’y verrais volontiers des étapes majeures de la vie intérieure, avec l’aide, il est vrai, d’amis ou de soutiens. La troisième étape, Benoît Billot l’appelle “la dimension divine intérieure”, vocabulaire avec lequel je ne suis pas d’accord, même si je le rejoins sur ce qu’il ajoute aussitôt: “cet aspect de nous-même qui (..) se trouve en connexion constante avec le Seigneur, et qui nous ‘inspire’ les décisions et attitudes de la vie”.

 

5-5-2005

“Dieu inhumain”

Catégorie: Approfondissement — Ph.L @ 13:41 Modifier

A propos d’un passage du livre d’Esdras (chapitre 10) où celui-ci demande aux Israélites de se séparer des femmes étrangères qu’ils ont épousées et de leurs enfants, un membre de notre groupe Bible paroissial a eu ce commentaire: “Un Dieu inhumain!” (puisqu’il sépare les familles).

L’objectif on le sait est de maintenir l’identité du peuple juif, de faire qu’il ne se fonde pas dans les peuples environnants; que son message puisse être transmis - ce message d’un Dieu qui est l’unique, et sur qui il faut entièrement baser sa foi et son action.

Séparation des familles, et aussi, à d’autres moments de l’histoire d’Israël, morts par milliers tant dans le peuple élu que dans les peuples environnants.

Quel Dieu est-ce là?

Si l’on a en tête que Dieu, dès la première alliance, est un Dieu d’amour, on peut en effet se demander comment concilier tout cela.

C’est que Dieu agit au milieu de l’humanité telle qu’elle est, suivant les capacités de celle-ci à chaque époque: les rapports de force sont la règle entre les peuples? Dieu est alors le “Dieu des armées”, qui combat avec Israël et lui permet de conquérir et de garder un territoire. Depuis, cette notion s’est estompée: en Jésus l’humanité découvre peu à peu la force de la faiblesse, l’acceptation de la croix. Avec ces autres scandales qui demeurent, à vue humaine: toutes ces croix que ceux qui les subissent n’ont nullement désiré porter.

Le mal et la souffrance n’ont pas disparu du monde, loin s’en faut; mais on voudrait espérer que les chrétiens, les églises en tout cas, en sont moins souvent la cause.

Dieu inhumain? Humanité trop humaine plutôt, qui découvre à travers un chemin de feu la vérité d’une relation avec le tout autre.

 

3-5-2005

Paranormal et surnaturel

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 11:55 Modifier

J’ai été frappé en relisant le livre du Deutéronome par la phrase suivante: “Il n’y aura personne chez toi (…) (pour) pratiquer la magie (..), recourir à la divination ou consulter les morts” (18,10). On sait aussi que Saül consulte une magicienne et dialogue avec l’esprit de Samuel (1° livre de Samuel 28,14).

J’ai également été frappé par le fait que dans l’Exode les magiciens du Pharaon peuvent reproduire un certain nombre des prodiges réalisés par Moïse et Aaron.

La question que je me suis posée est la suivante: faut-il raisonner en termes binaires, et dire comme le font certains évangéliques qu’il y a ce qui est “bien” et ce qui est “mal”, et que tout ce qui n’est pas inspiré par Dieu est “satanique”?

Pour dire les choses autrement: est-ce que les magiciens du Pharaon tenaient leurs pouvoirs d’esprits mauvais?

A notre époque, on entend parler de ce que semblent pouvoir faire certains sorciers africains, ou encore des pouvoirs exceptionnels de certains maîtres indiens.

Plutôt que de raisonner en termes binaires, on peut se demander s’il n’y a pas là, au delà de ce que notre science occidentale reconnaît, un certain nombre de capacités potentielles de l’homme que seuls certains individus ou certaines “écoles spirituelles” maîtrisent (plus ou moins). Tout ce que l’on classe sous le vocable de paranormal pourrait en faire partie, qu’il s’agisse de télépathie, télékinésie ou de beaucoup plus encore.

Ces capacités se situent en quelque sorte “aux frontières de l’au-delà”. La question intéressante est alors de se demander pourquoi Dieu a interdit à Israël d’y avoir recours! Il y a là une sorte de limitation volontaire, de séparation entre le domaine terrestre et le domaine du paranormal. Limitation “productive”, c’est à dire qui permet le progrès spirituel d’Israël, et ensuite des chrétiens.

En somme l’hypothèse que j’évoque est la suivante: ces capacités paranormales existent potentiellement dans l’homme. Mais Dieu a voulu guider Israël et les chrétiens sur une autre voie.

Et donc il est peut-être temps, maintenant que notre compréhension de l’amour selon Jésus - et notre science! - a beaucoup progressé, de ne pas “diaboliser” tous ces phénomènes, mais de les examiner prudemment. Ils font, semble-t-il, partie du réel!

 

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