Aimer, approches (blog)

23-2-2006

“A Generous Orthodoxy”, livre majeur

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 19:06 Modifier

J’ai déjà évoqué Brian McLaren dans un billet de ce blog. Je viens d’achever la lecture de son livre “A Generous Orthodoxy”, non encore traduit en français, que l’on peut se procurer par exemple sur Amazon.fr. L’impression que me fait un livre en langue originale est souvent différente de celle qu’il me fait ensuite en français, mais là je suis bluffé.

Après un premier chapitre qui correspond à peu près au contenu de la conférence dont j’ai rendu compte par ailleurs, Brian McLaren consacre les trois chapitres suivants à Jésus et au salut.

Le chapitre 4, sur le salut, me paraît particulièrement remarquable et je ne pourrai en donner ci-après qu’un aperçu fort gauche. Dans la Bible, dit McLaren, “sauver” signifie porter secours ou guérir, et pas “sauver de l’enfer” ou “donner la vie éternelle après la mort”, comme tant de prédicateurs l’affirment implicitement dans leurs sermons. Dieu sauve en nous révélant notre péché et en nous pardonnant; il sauve aussi en nous montrant quel est le bon chemin, en nous invitant à accepter la façon de vivre en plénitude que Jésus nous a révélée par sa vie et sa mort. Jésus sauve le monde, dans sa totalité.
Brian McLaren montre alors les limites de l’approche qui consiste à accepter Jésus comme son “sauveur personnel”.

Dans les chapitres suivants il examine successivement un certain nombre de traditions chrétiennes en montrant à chaque fois leurs richesses - le cas des anglicans par exemple est analysé de façon très intéressante - , mais aussi souvent leurs limites; c’est à ses frères évangéliques qu’il réserve ses flèches les plus dures…

Ce livre me paraît une pierre essentielle pour un véritable oecuménisme, où l’on sait voir les richesses de l’apport de chaque tradition, et où l’on intègre tout cela dans une vision tolérante, ouverte au nouveau monde “post-moderne” où nous entrons. Les relations avec les autres religions sont également évoquées de façon très pertinente.

Il reste à espérer que sa traduction française sera disponible dans les grandes librairies, ce qui n’est pas le cas de celui de ses livres déjà sorti en France (”Réinventer l’Eglise”), qui n’apparaît ni sur Amazon ni sur Alapage.com alors que le même livre en anglais y est!

 

18-2-2006

Un résumé

Catégorie: Recherches — Ph.L @ 16:30 Modifier

Je viens de rajouter au texte principal d’Approches une page 4 qui est “un résumé”. Je me rends compte en effet que mon texte est énoncé avec en quelque sorte trop de douceur, et qu’on ne voit plus ce que j’affirme. Je reproduis ce résumé ci-dessous. Les commentaires sont évidemment bienvenus.

Les pages qui précèdent ont énoncé, de façon nuancée et assez prudente je pense, un certain nombre de propositions.
Je voudrais essayer ci-dessous d’en présenter une sorte de récapitulation, beaucoup plus directe et “brutale”. Ce résumé sera sans doute peu à peu affiné et complété.

- L’emploi du mot “Dieu” est une commodité, inévitable, mais nous ne savons pas du tout quelle est la nature de l’au-delà. Nous savons que Jésus est présent dans cet au-delà , et que l’Esprit agit en nous. C’est beaucoup, mais c’est tout.

- Les textes de la Bible retracent la façon dont cet “au-delà” s’est révélé à nous, dans le langage et suivant les concepts de chaque époque. En particulier le péché “des origines” n’a selon toute vraisemblance pas existé. Et les textes du Nouveau Testament, comme ceux de l’ancien, sont à lire en ayant en tête la mentalité de l’époque.

- Il en résulte qu’une bonne proportion de nos prières et de notre théologie - je parle ici de l’ensemble des églises chrétiennes et pas seulement de la catholique - est absolument inappropriée, datée, et qu’il est urgent de les revoir, pour se centrer sur l’amour et sur ce que nous pouvons imaginer aujourd’hui de “l’au-delà”.

J’ajoute, le 1° mars, que j’ai depuis modifié et complété ce résumé.

 

11-2-2006

“Christ the Lord”: un livre étonnant

Catégorie: Ouvertures, Bible — Ph.L @ 9:03 Modifier

Pas encore traduit en français - il est sorti aux USA en novembre - “Christ the Lord, Out of Egypt” d’Anne Rice raconte à la première personne la vie de Jésus vers l’âge de 7 ans, de la sortie d’Egypte au premier pélerinage à Jérusalem. Une sorte de journal autobiographique!

Riche en détails bien vus, le livre nous montre Jésus découvrant peu à peu qui il est et le situe dans son environnement, avec Joseph et Marie bien sûr, décrits de façon nuancée, tout le reste de la famille de Nazareth et le contexte de la Palestine à cette époque.

Ce livre est très enrichissant, inspiré pourrait-on dire. J’y retrouve - dans un genre pourtant en principe différent - la subtilité des descriptions d’une Maria Valtorta.

L’auteur, redevenue catholique après de longues années d’athéisme, a ceci de particulier qu’elle était jusqu’alors surtout connue par des romans d’un genre bien différent (vampires etc. !).

“Il vous est né aujourd’hui (..) un sauveur, qui est le Christ Seigneur” (Luc 2,11).

2.04.08 - Le deuxième tome est sorti.

 

2-2-2006

Monseigneur Lustiger, sur le peuple juif

Catégorie: Ouvertures — Ph.L @ 10:26 Modifier

Deux ou trois phrases passionnantes sur le peuple juif et sur le Nouveau Testament dans le compte rendu que publie La Croix de la session nationale du Service catholique des relations avec le judaïsme.

Il s’agit, a dit Mgr Lustiger, de bien plus que “d’un contentieux qu’il faudrait guérir ou expurger”.
“La définition de l’Église doit comprendre dans la notion de Peuple de Dieu cette altérité qu’est le peuple juif”.

Je ne me rappelle pas avoir déjà lu ou entendu quelque chose d’aussi fort: le peuple de Dieu comprend le peuple juif. Evident pour certains chrétiens, qui sont convaincus que l’histoire du peuple juif continue, et qu’elle continue à signifier quelque chose dans le plan de Dieu. Mais n’est-ce pas la première fois que c’est dit aussi nettement?

Poursuivant sur cette idée, Mgr Lustiger s’interroge alors sur ce que dit le Nouveau Testament, notamment dans les évangiles.

Il ne s’agit pas, dit-il, “d’éliminer des paroles gênantes. Il s’agit d’un travail de la foi et dans la fidélité à la foi qui consiste à comprendre pourquoi ces paroles nous paraissent aujourd’hui inacceptables“.

Ceci rejoint tout à fait ce que j’écris dans “Approches”, et notamment à la fin du texte 8:

” (…) le Nouveau Testament, comme l’ancien, est daté: (..) la distance que l’on est amenée à prendre par rapport à certains textes de l’Ancien Testament, en expliquant qu’ils correspondent à une idée de Dieu encore peu évoluée, doit s’appliquer aussi au Nouveau Testament: les auteurs avaient une mentalité, des préjugés, etc. qui n’ont plus de sens pour nous.
On le fait pour l’Ancien Testament, bien qu’il contienne la parole de Dieu. Il serait grand temps de le faire aussi pour le nouveau.
Mais une bonne partie de la liturgie serait remise en cause (…) “

 

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