Aimer, approches (blog)

23-6-2008

Se protéger pour ne pas juger

Catégorie: Approfondissement, Psychologie — Ph.L @ 17:57 Modifier

Si on juge l’autre, c’est souvent parce qu’on a peur de lui.
Il y a en fait deux sens du mot juger: car il est nécessaire d’évaluer les situations où nous nous trouvons, de les juger, ce qui inclut parfois d’évaluer aussi la ou les personnes qui y sont impliquées; et le cas échéant de faire part à d’autres de l’évaluation que l’on fait. Mais en restant dans la charité.

Un autre sens du mot juger, courant pour les chrétiens mais pratiquement absent des dictionnaires, est l’opinion critique négative portée sur une personne, en pensée ou en paroles.

Si on a une telle réaction par rapport à quelqu’un, c’est peut-être que sa façon d’être ou d’agir nous semble une menace pour nous (consciemment ou inconsciemment). Nous nous sentons agressé; nous ne savons pas comment agir ou réagir.
Car nous avons tous nos fragilités, plus ou moins grandes.

D’où la nécessité de protections, de barrières, à mettre en place ou à rétablir.
Parfois il faudra simplement, comme Thérèse de Lisieux, fuir pour éviter la situation. Parfois trouver une autre solution.

Développer en soi des protections par rapport aux autres, créer éventuellement des distances pour pouvoir garder la paix intérieure, est une tâche psychologique importante. Il s’agit de prendre soin de soi-même, de s’aimer soi-même, pour pouvoir aimer les autres.

Si donc on a envie de juger quelqu’un ou si on a peur de lui ou d’elle, il sera bon d’apprendre à se protéger; de chercher quelles barrières on pourrait placer.
Lorsque cette habitude de se protéger sera intégrée, le besoin de juger ou de critiquer s’estompera. Les peurs seront plus supportables.

Voir, sur le blog “Chemins de lecture” mon commentaire au billet de Claude Hériard.
Voir aussi, sur un thème voisin:   L’indulgence, cette vertu si rare.

 

1 commentaire

  1. Il y a des personnes qui sont dangereuses et il faut s’en protéger. Parfois nous ne savons pas nous en rendre compte et nous nous mettons nous même en danger;

    Il y a des personnes sur lesquelles nous avons tendance à projeter nos propres peurs et qui de ce fait deviennent menacantes (parce que elles ont en elle quelque chose qui à notre insu nous fait penser à quelqu’un) et là il y a un travail à faire sur soi pour évaluer ce qu’il en est.

    Il y a parfois des personnes que nous avons tendances à mépriser, mais cela nous avons du mal à le reconnaître et là, il ne s’agit plus de distance ou de protection, mais d’une faille qui nous concerne et qui devrait nous faire réagir si nous nous considérons comme chrétiens.

    Comment by Catherine Lestang — 23-6-2008 @ 20:36 | Edit This

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