Niveaux de pensée?
Je lis dans l’excellent livre de Michel Dethy “Introduction à la psychanalyse de Freud” (Ed. Chronique sociale) le commentaire suivant, à propos des névroses (p.38):
"L’équilibre ne serait-il pas ce que quelques analystes appellent la perversion douce, qui serait d’accepter la jouissance de son fantasme en sachant pertinemment qu’il n’est qu’imaginaire et en s’interdisant tout passage à l’acte. Ceci est-il possible?
Certes… mais à condition de ne pas être croyant, puisque dans les dix commandements nous lisons: ‘En pensée, désirs, veilleras à rester pur entièrement’. La perversion est interdite par l’Eglise, elle ne peut donc être acceptée même au niveau imaginaire."
Passons sur les aspects techniques: pour la psychanalyse, nous avons, si je comprends bien, tous des fantasmes (relativement conscients) liés à des perversions. A vrai dire nous avons aussi des colères intérieures, etc. La question est: comment se comporter par rapport à ces pensées “non correctes”?
Je vois dans ce texte de Michel Dethy un peu la même chose que dans l’Ecole de Palo Alto, à savoir l’utilité de se placer, par rapport à sa propre pensée, à un niveau “meta”.
Je me constate et m’observe pensant; et ce n’est pas en m’interdisant de penser ceci ou cela que je progresserai dans l’amour, mais en comprenant pourquoi j’ai tendance à penser ainsi.
Je complète, mais en commentaire parce qu’en texte de blog cela mériterait de longs développements que je ne me sens pas encore capable de faire:
En fait, personnellement je fais beaucoup plus qu’observer ou chercher à comprendre les causes de mes pensées: j’agis paradoxalement sur elles, toujours dans la ligne de Palo Alto. Mais Watzlawick et autres ne parlent que d’injonctions paradoxales adressées à des tiers, alors que je me les donne à moi-même.
Comme dit l’autre, “Comprenne qui pourra...”. Il faudra un de ces jours que j’y revienne!Posted by on 03/06 at 01:09 PM
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