Approches. Pour un christianisme ouvert.


Convictions

Confiance

Chacun de nous a des convictions.
Elles proviennent soit de l’expérience personnelle, soit de ce qui nous est transmis par d’autres. Ainsi par exemple nous sommes convaincus que le soleil se lèvera demain matin; que la Nouvelle Calédonie existe même si nous n’y sommes jamais allé, etc.

Le scientifique n’est pas vraiment dans une position différente: il a confiance dans ses hypothèses, mais il peut arriver qu’il doive les remettre en cause. Même dans son cas on peut employer le mot “confiance”.

Le “Vocabulaire technique et critique de la philosophie” de Lalande (PUF) cite, à propos du mot “certain”, la phrase suivante du philosophe Renouvier: “A proprement parler, il n’y a pas de certitude, il n’y a que des hommes certains”, c’est à dire “qui adhèrent à une proposition sans aucun mélange de doute”.

Bernard Sesboüé cite, aux pages 38 et 39 de son livre “Croire” (Droguet & Ardant 1999), l’exemple d’un dialogue entre deux mathématiciens, qui à propos d’un nouveau théorème écrivent, aux alentours de 1900 (époque scientiste s’il en est): “Je le vois (je vois qu’il est exact) mais je ne le crois pas”, et: “Il remet en cause les articles de foi admis jusqu’à présent”.

Nos convictions reposent donc sur la confiance.

Croire c’est être convaincu, sur un sujet ou sur un autre. Les convictions chrétiennes n’ont pas une nature différente des autres convictions; c’est l’objet sur lequel elles portent, seul, qui diffère.

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Croire...

Chacun de nous a une certaine vision du monde; de ce qu’il est, de la façon dont il fonctionne; de ce qui est possible et de ce qui est impossible.

Nous interprétons ce que nous voyons, ce que nous entendons, ce qu’on nous dit, en fonction de cette “grille” inconsciente qui nous sert de repère.

Qu’est-ce qui fait que tel ou tel petit fait, tel témoignage, ouvre une porte en nous, et, insensiblement, nous fait admettre comme possibles, puis comme vraies, des affirmations, des réalités qu’au départ nous pensions fausses, inexistantes?

Cela se produit couramment dans nos vies.

La découverte de la foi en Dieu peut être de ce type: au départ du domaine de l’impalpable, du différent, de l’à peine sensible.

Et puis nous nous retrouvons convaincus que c’est vrai; un nouveau monde s’ouvre.

Les faits, les indices minuscules, les impressions, qui ont convaincu l’un ne signifieront rien pour un autre.

Car les signes n’ont de sens que pour celui chez qui ils éveillent un écho, et qui les interprète en termes de conviction nouvelle.

Désormais cette conviction existe chez lui, et aura existé même si par hasard elle redisparaît: comme les autres chrétiens, il a pensé qu’il existe un monde au-delà du monde visible; et qu’il y a une façon de concevoir la vie qui est différente, basée sur la relation à Dieu et sur l’amour.

Et bien sûr cela peut faire peur.

Ce message, on ne le comprend qu’en partie; et on développe parfois à son sujet des convictions partiellement erronées, par exemple que cela va nous créer des obligations nous empêchant d’être nous-mêmes…

Alors que tel n’est pas le cas, au contraire.

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