Un réel plus vaste
A toutes les époques des hommes et des femmes ont eu la conviction de l’existence d’un réel plus vaste que celui que nous percevons par les sens: ce contact avec un “au-delà” a en général été source d’effroi, puis de dévotion religieuse.
La conviction ainsi acquise s’est quelquefois transmise à tout un peuple: ainsi le peuple juif s’est structuré en fonction de sa relation avec un être supérieur, “le Seigneur”, reconnu comme réellement existant et présent dans son histoire.
Cette conviction de l’existence d’un réel plus vaste peut être acquise à partir de signes impalpables; ou alors c’est une présence, d’abord considérée comme banale, dans laquelle on reconnaît soudain cette réalité supérieure.
Signes impalpables
Que ce soit à l’époque de l’Israël ancien, à propos d’événements de l’histoire du peuple, ou que ce soit pour chacun de nous dans sa vie de tous les jours, il y a parfois des signes qui font sens: où l’on croit voir comme la trace d’une présence, comme l’action d’une puissance qui nous dépasse.
Ces signes n’ont de sens que pour nous; un observateur extérieur ne ressentira pas les mêmes résonances, les mêmes correspondances intimes qui nous bouleversent et nous font reconnaître la présence ou l’action de “Dieu”.
Ceci peut être la cause d’une conversion; c’est aussi, tout au long de la vie de celui qui est déjà converti, le dialogue intime, souvent sans paroles, avec cette puissance supérieure en l’existence de laquelle nous croyons désormais. Dialogue qui oriente notre vie, et renforce notre conviction.
Reconnaître une présence
Lorsqu’une personne vit vraiment en relation avec l’au-delà, c’est à dire, disons-le tout de suite, vit dans l’amour, elle est en quelque sorte habitée par cette autre vie. Les cas où cela devient visible pour tous sont rares; mais chacun de nous a pu connaître une ou des personnes qui possédaient ce rayonnement discret, cette intensité de présence que l’on découvre peu à peu et qui sont comme la trace de l’au-delà en nous.
Il est possible de passer à côté de telles présences sans les remarquer. Chacun a des limites a sa perception, ses oeillères, ses refus.
C’est ainsi que Jésus, qui pour les chrétiens a été la présence de l’au-delà par excellence, n’a pas été reconnu comme tel par un certain nombre de ses contemporains.