Pas au pied de la lettre...

Le texte de la Bible n’est pas nécessairement à prendre au pied de la lettre. La plupart des chrétiens le savent. Et voici qu’il y a un cas où c’est Jésus lui-même qui nous le dit!

En Matthieu 11:14, à propos de Jean-Baptiste, il affirme:

“C’est lui, si vous voulez bien comprendre, l’Elie qui doit revenir”.

Les juifs de l’époque pensaient qu’Elie reviendrait avant le Messie. C’est ce qu’affirme ce passage du prophète Malachie (3:23):

“Voici que je vais vous envoyer Elie, le prophète, avant que ne vienne le jour du Seigneur, jour grand et redoutable.”

Ce n’est pas Elie qui est revenu; c’est Jean-Baptiste, affirme Jésus à ceux qui “veulent bien comprendre”, qui en tient lieu.

Jésus nous montre que ce que disent les prophètes demande interprétation; n’est pas à prendre au pied de la lettre.

Le 15-03-2006 à 18:01
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Niveaux de pensée?

Je lis dans l’excellent livre de Michel Dethy “Introduction à la psychanalyse de Freud” (Ed. Chronique sociale) le commentaire suivant, à propos des névroses (p.38):

"L’équilibre ne serait-il pas ce que quelques analystes appellent la perversion douce, qui serait d’accepter la jouissance de son fantasme en sachant pertinemment qu’il n’est qu’imaginaire et en s’interdisant tout passage à l’acte. Ceci est-il possible?
Certes… mais à condition de ne pas être croyant, puisque dans les dix commandements nous lisons: ‘En pensée, désirs, veilleras à rester pur entièrement’. La perversion est interdite par l’Eglise, elle ne peut donc être acceptée même au niveau imaginaire."

Passons sur les aspects techniques: pour la psychanalyse, nous avons, si je comprends bien, tous des fantasmes (relativement conscients) liés à des perversions. A vrai dire nous avons aussi des colères intérieures, etc. La question est: comment se comporter par rapport à ces pensées “non correctes”?

Je vois dans ce texte de Michel Dethy un peu la même chose que dans l’Ecole de Palo Alto, à savoir l’utilité de se placer, par rapport à sa propre pensée, à un niveau “meta”.

Je me constate et m’observe pensant; et ce n’est pas en m’interdisant de penser ceci ou cela que je progresserai dans l’amour, mais en comprenant pourquoi j’ai tendance à penser ainsi.

Le 06-03-2006 à 9:47
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Mercredi des Cendres

Le prêtre nous parle du Carême comme d’un temps de dépouillement, pour que Dieu puisse venir en nous. Les gens qui sont trop "pleins d’eux-mêmes" ne laissent pas vraiment de place à Dieu.

Ceux qui vivent vraiment de Dieu et en Dieu deviennent en quelque sorte "transparents": on voit Dieu à travers eux.

J’ajoute ici une autre idée proposée par ce même prêtre: “Il s’agit (quelquefois) de révéler à l’autre la lumière qu’il a en lui”.

A part cela: je n’aime pas beaucoup la formule "Convertissez-vous et croyez en l’Evangile" mais je ne sais quoi proposer (j’aime encore moins l’autre: "tu es poussière..").

Une possibilité: “Tourne ton coeur vers Dieu, et accueille la bonne nouvelle!”

Le même prêtre que ci-dessus a dit, un autre jour, la phrase suivante pour ouvrir la prière pénitentielle:

“Comme quelqu’un qui veut passer des ténèbres à la lumière, confions-nous à la miséricorde du Seigneur”.

Le 01-03-2006 à 13:16
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Un monde de force et de violence

Nous vivons dans un monde de rapports de force et de violence. Les relations internationales, même quand elles sont apparemment pacifiques, sont sous-tendues par cette réalité; et chacun de nous est impliqué.

Ainsi par exemple les producteurs de ressources rares, notamment énergétiques, se servent parfois du robinet qu’ils tiennent; les puissants interviennent militairement. Et maintenant une idéologie terroriste participe à cette lutte de pouvoirs à l’échelle mondiale.

Le responsable du journal danois qui a publié les caricatures de Mahomet déclare (je le lis dans le “LATimes") que “les musulmans ne demandent pas que je les respecte, ils demandent que je me soumette”. Eh oui, on ne peut pas dire ou publier n’importe quoi dans une situation internationale explosive. “Une image vaut mille mots”.

Publier ou ne pas publier n’est pas seulement une question à regarder du point de vue du respect; c’est une question politique, comme l’était en fait la querelle sur le voile en France.

S’il n’y avait pas eu la pression de certains milieux pour faire, a-t-on pu penser, du voile un instrument de conquête politique au sein de l’école, l’affaire aurait peut-être pu être réglée différemment. Les positions de l’Eglise catholique à l’époque m’avaient parues naïves, défendant “la religion”, là où se jouaient divers problèmes politiques dont celui de la liberté des femmes.

Le 10-02-2006 à 9:53
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"Contradictions" entre NDE, et entre révélations privées

En lisant le récit de NDE qui figure en http://www.topchretien.com/topinfo/affiche_info_v2.php?Id=10303, j’ai été frappé une fois de plus par le fait que ce que voit le mourant, dans l’au-delà, correspond aux idées qu’il a sur cet au-delà... Dans le cas considéré, il voit la cité céleste de l’Apocalypse, mais d’autres voient tout à fait autre chose.

De là évidemment deux hypothèses majeures:
- L’une, c’est que cela se passe “dans sa tête” et qu’il n’y a aucune intervention de l’au-delà dans ces histoires, puisque chacun voit Dieu à son idée… Voire! Car les NDE sont bien documentées et assez incontestables, pour qui veut bien croire: comme en toute matière de “foi”, nous sommes libres.
- L’autre, c’est qu’il y a “beaucoup de demeures” dans l’au-delà, et que de toute façon il ne ressemble à rien que nous connaissions, donc Dieu nous le présente sous la forme que nous pouvons comprendre et apprécier! grin

Je relisais par hasard un texte qui examine cette même question des contradictions, mais cette fois pour les “révélations privées”, telles que celle de Maria Valtorta et de Catherine Emmerich.

Et je me disais brusquement que c’est la même chose: chaque voyant perçoit les révélations qu’il reçoit avec sa culture, son tempérament.
Dieu ajuste ce qui est vu pour que cela fasse sens pour celui qui reçoit la vision.

Le 30-01-2006 à 13:20
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Qu'est-ce qu'être charismatique?


Lors d’une réunion il y a quelques jours une personne m’a demandé ce que sont les charismatiques.

Puisque je me sens actuellement “en chemin” vers cela (voir cet autre texte de ce blog), je vais essayer de commencer à l’expliquer, avec des mots qui puissent être compris de tous, ayant en mémoire mon texte de juillet 2003 “expérience charismatique et dialogue entre chrétiens”.

A cette réunion, nous parlions des signes de la présence et de l’action de Dieu, que beaucoup de chrétiens ont parfois l’occasion de ressentir, et qui sont souvent très discrets, presque impalpables.

L’expérience charismatique, expliquais-je, c’est la même chose en un peu plus fort.

C’est une “nouveauté” dans l’Eglise, datant du début du 20° siècle, et reprenant ce qui s’est passé aux premiers temps du christianisme.
Quelques chrétiens se sont réunis vers 1900, et ont découvert que les Actes des Apôtres mentionnaient souvent le parler en langues (voir “Le récit d’une découverte").

Après avoir beaucoup prié, à plusieurs, ils expérimentèrent en eux l’effusion de l’Esprit, sous cette forme très surprenante du chant en langues, formé de paroles en général incompréhensibles, mais qui quelque fois prennent sens pour certains de ceux qui l’entendent (voir à la fin du récit mentionné ci-dessus). C’est une prière; c’est l’Esprit qui chante en nous; et cela correspond, il est important de le noter, à une harmonie profonde: on se sent profondément soi, en même temps que l’on sent l’action de Dieu.

En plus de ce “parler en langues”, qui se produit notamment au cours des groupes de prière, ceux qui ont ainsi reçu cette “effusion de l’Esprit” reçoivent souvent un don particulier, de vision, ou de parole, etc.

Etre ainsi “baptisé dans l’Esprit” comme on dit souvent, est une grâce et une responsabilité. C’est possible pour tout chrétien, mais cela n’entre pas forcément dans l’itinéraire spirituel de chacun: Dieu sait si cela convient et quand. C’est une grâce car cela conduit à être encore davantage conscient de la bonté de Dieu, de sa présence; c’est un magnifique cadeau du Seigneur. Et c’est une responsabilité, car ayant reçu ce don, il paraît normal de ne pas se comporter comme si on ne l’avait pas reçu!

Certains reçoivent cette effusion presque sans l’avoir demandé; mais la voie la plus habituelle est la demande.

C’est à peu près là que j’en suis: je prends conscience que, si je reçois cette manifestation plus forte de la présence de Dieu, ma vie deviendra autre: cela fait forcément un peu peur.

Souvent j’ai dit dans la prière “mon Dieu je me donne à toi entièrement et sans réserve”; mais maintenant que cela va sans doute se traduire par des signes assez forts dans ma vie, se donner prend un sens plus direct, plus irréversible; même si c’est un cadeau que le Seigneur veut me faire ainsi.

Se donner à Celui qui est tout amour, et sentir son action en nous…

Le 28-01-2006 à 20:10
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Vatican 2035

“Vatican 2035”: je viens de terminer le gros livre assez remarquable qui porte ce titre (Plon 2005, 21 euros). Son auteur… veut garder l’anonymat et dit être une personnalité de l’Eglise catholique, apparemment relativement connue (et francophone)! Il a choisi le pseudonyme de “Monsignore Pietro De Paoli” grin

Ce récit, qui après le chapitre initial peine d’abord à trouver son rythme mais qu’ensuite on ne lâche plus, imagine le monde et l’Eglise catholique au long de la période 2007-2037. Le personnage principal, Giuseppe, sera l’un des papes de cette période. C’est presque un “thriller”: les luttes et crises mondiales sont au coeur du livre, et l’Eglise participe très activement à des négociations souvent musclées où la mort est possible à chaque instant.

En parallèle se dégagent peu à peu des propositions pour l’Eglise. Elles sont éparses et peut-être serait-il bon de les rassembler. C’est une série de réformes et de changements d’orientation assez substantiels que propose notre “Monseigneur”, dont les points de vue très ouverts feront grincer plus d’une dent, qu’il s’agisse de l’oecuménisme - que l’on croit longtemps absent du livre et qui resurgit vers la fin-, de l’ordination d’hommes mariés choisis par la communauté où ils vivent et au service de cette communauté, ou encore de l’homosexualité (avec un magnifique texte sur le mariage chrétien et la sexualité, page 525), etc.

Une initiative à suivre !

Le 01-01-2006 à 14:06
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Linceul de Turin, etc.

Je viens de terminer la lecture de “Cloner le Christ?” de Didier Van Cauwelaert.
Livre passionnant dont je recommande la lecture à chacun.

L’auteur retrouve la trace du “linceul” de Turin dès les premiers siècles, et évoque, entre de nombreux points, le fait que Constantinople pourrait revendiquer sa propriété.

Il montre de façon magistrale la mauvaise qualité - stupéfiante - des analyses au carbone 14, compare avec la Tunique d’Argenteuil. Le tout fort documenté, nuancé et convaincant.

Le dernier chapitre est à lui seul un morceau d’anthologie, par la comparaison - et en quelque sorte l’opposition - qu’il fait entre le suaire de Turin et l’image de la Vierge de Notre Dame de Guadalupe, dont il révèle des détails “incroyables” ! grin

L’ADN du crucifié de Turin est désormais assez connu pour que certains scientifiques disent qu’on y retrouve un “haplotype” (ne me demandez pas ce que c’est !) caractéristique de la tribu de Lévi…

La suite chez votre libraire habituel!

Le 27-12-2005 à 20:25
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Dans l'Esprit...

Un mot très personnel, pour rendre compte d’un aspect de mon itinéraire spirituel.

Il y a deux semaines j’écrivais sur le site “Choisis d’aimer” le texte “Demandez et vous changerez” http://plestang.free.fr/demandez.htm .
Et quelques jours plus tard, dans la ligne de la confiance en l’Esprit que j’évoque dans ce texte, j’ai dit que le plus beau cadeau de Noël que je souhaitais, c’était de recevoir l’Esprit…

Peut-être est-ce fait en partie.

Par un petit signe intérieur que je ne détaillerai pas ici; une assurance plus grande en tout cas de vivre en Lui et par Lui.

Voici quelque temps je disais à des amis - l’expression m’avait échappé - que j’étais “à moitié charismatique”... C’est sans doute encore plus mon état maintenant. grin

Et le texte que j’ai écrit sur les difficultés de communication entre charismatiques et non charismatiques http://plestang.free.fr/charism.htm prend encore plus de sens pour moi, maintenant que je connais un peu les deux côtés… Je prends conscience de la difficulté!

Le 19-12-2005 à 16:23
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Moïse et David ont-ils existé?

Le dossier en couverture de l’Express cette semaine reprend une question bien connue dans les milieux qui s’intéressent à la Bible… traitée malheureusement de façon superficielle et biaisée.

Des amis me disaient combien ils avaient été surpris d’entendre un rabbin (tout ce qu’il y a de plus traditionnel) affirmer qu’il n’était pas sûr du tout que les Israélites aient jamais été en Egypte. “- Mais alors, la Pâque, événement fondateur, que devient-elle?”.
De même, un autre ami qui se prépare au diaconat a entendu dire au cours de sa formation que l’existence de David n’était pas du tout certaine…

Vieux débat, débat de spécialistes pour une part.

D’un côté il y a ceux qui s’en tiennent aux “pierres” (certains archéologues), ou aux “écrits” (certains exégètes), et qui disent ne rien pouvoir affirmer sur tout ce qui n’a pas laissé de trace assez ancienne.

De l’autre il y a des tenants de la tradition orale, et au moins un archéologue (Davidovits, voir mon billet).

Une opinion souvent émise est que l’Exode s’est fait par groupes relativement petits.

Les “plaies d’Egypte”, comme les manifestations au Sinaï, sont la trace que la mémoire collective a gardée, en utilisant les genres littéraires de l’époque, d’événements où le peuple a vraiment vu la main de Dieu, et a cru.

Les chrétiens partagent cette conviction que Dieu existe vraiment (!) et qu’il s’est révélé au peuple juif, progressivement et suivant des modes dont seule la tradition nous a gardé la trace.

David et Salomon de même n’ont peut-être pas été le grand conquérant et le grand roi que la Bible nous rapporte; mais à travers leur histoire, c’est de même la conviction de l’action de Dieu au sein d’Israël qui est transmise.


C’est comme quand ma grand mère m’expliquait qu’elle croyait en Jésus-Christ, ce qui a contribué à m’y faire croire.

Le 15-12-2005 à 15:27
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Redécouverte de l'hindouisme...

En voyant ce soir dans une émission de télévision que des phénomènes miraculeux ont lieu autour d’une statue hindouiste, j’ai brusquement repensé au continent indien…

J’avoue que spontanément j’ai tendance, quand je ne réfléchis pas, à placer tous les rituels religieux des religions asiatiques au rang de superstitions, de comportements “de grand-mère” wink

Et puis… j’ai repensé à deux choses, et je cite la deuxième d’abord, pour l’évoquer seulement brièvement: c’est ce qu’on dit sur les yogis, et sur leur capacité éventuelle de se mouvoir dans des sphères spirituelles supérieures qui nous sont inaccessibles: vrai ou pas vrai, je n’en sais rien, et donc je n’en parle pas plus.


Mais je me suis surtout rappelé ce que j’ai lu dans le livre de Patrick Lévy “Dieu croit-il en Dieu?” (Albin Michel 1997).
Patrick Lévy a voyagé dans le monde entier, et voici un bref extrait d’une rencontre qui se situe au cours de son premier séjour en Inde; la scène a lieu dans une rue:

“Je tressaillis en m’apercevant qu’un homme s’était installé à côté de moi; je n’avais pas remarqué son arrivée. (..)
“Il m’observa avec une insistance dont j’avais pris l’habitude dans ce pays ... (..) Il dit:
“Je peux te dire ton avenir, mais pour que tu puisses le croire, il faut d’abord que je te dise ton passé, n’est-ce pas? (..)
“Je lui répondis, incrédule et impertinent, plutôt joueur: ‘Je ne veux pas savoir mon avenir, je préfère être surpris par la vie, n’est-ce pas?’
“Il écoutait (..) avec son rire contenu ou suspendu comme si ce que je disais était très drôle ou alors ridicule. (..)

// Swami Vichârava - tel est le nom de cet interlocuteur - propose à Patrick Lévy d’écrire un chiffre, puis une couleur, et il les devine. //

“Ce n’est pas mon passé, c’est le présent! me plaignis-je pour alimenter ma mauvaise foi et cacher ma surprise. Cela flairait la supercherie, mais je ne savais pas laquelle, ni comment.

“Alors il écrivit ma date de naissance, le nom de ma mère, son âge, sa date de naissance, sans faute d’orthographe, même le nom rare de maman. J’ai cru qu’il s’était trompé sur son âge, mais après avoir fait le calcul, je m’aperçus qu’il avait raison. Il riait:

“- Présent, passé, futur, même chose, all the same, all the same!”

(page 85)

Le 14-12-2005 à 21:32
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Des qualités nécessaires pour diriger une communauté...

Supposons une communauté religieuse assez nombreuse, qui doit choisir son responsable. Quelles sont les dimensions de la personnalité à prendre en considération, les “qualités” requises?

(J’écris ceci après une discussion avec un ami sur les difficultés de certaines communautés après le départ de leur fondateur...).

Il faut semble-t-il d’abord qu’il soit en bons termes avec ses frères: considéré comme un ami, pas comme quelqu’un d’insupportable…

Il faut aussi, si la communauté a d’importantes relations internationales, que ce soit quelqu’un d’assez fin et diplomate, à l’aise avec des responsables de tout niveau…

Par rapport à tous ceux dont il aura à être le supérieur, il est souhaitable qu’il n’ait pas tendance à être cassant, autoritaire; et qu’il ait le souci du dialogue…

Il vaudrait mieux évidemment qu’il soit intelligent, et que sa doctrine soit sûre… grin

Enfin, pour en venir aux qualités directement liées aux fonctions, outre de réelles qualités spirituelles, il est nécessaire qu’il ait un bon équilibre psychologique personnel.

Et qu’il se sente à l’aise dans ses responsabilités, et non tendu et fatigué par elles…

Le 12-12-2005 à 19:32
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Amour et amour...

Le mot “amour” a plusieurs sens… C’est banal et je le sais depuis longtemps.

L’idée que les gens ont en tête quand on emploie ce mot est assez bien exprimée je crois par ce texte d’Edgar Morin ("Les sept savoirs”, p. 62):
“L’homme (...) est aussi (homme) de la poésie, c’est à dire de la ferveur, de la participation, de l’amour, de l’extase. L’amour est poésie. Un amour naissant inonde le monde de poésie, un amour qui dure irrigue de poésie la vie quotidienne, la fin d’un amour nous rejette dans la prose.”

Il y a des points communs importants entre ce qui est dit ci-dessus est l’amour de Dieu tel que le vivent parfois les chrétiens.

Mais quand on parle “d’amour des ennemis”, quand on dit que Jésus est allé jusqu’à la mort par amour, on sent bien que ce n’est plus l’amour spontané, dionysiaque évoqué ci-dessus dont il s’agit.
Cela rejoint sans doute la vieille distinction entre “eros”, “philia” (amitié??) et “agapè”.

Mon souci en écrivant ces lignes est de me rappeler à moi-même combien le sens chrétien du mot amour peut être étranger à un certain nombre de nos contemporains, pour qui par exemple le mariage à vie n’a guère de sens (sauf cas rarissimes “où l’on s’aime encore!").
Reste peut-être ce qu’une maman ou un papa fait pour ses enfants “par amour”.

L’amour, c’est la joie, écrit Comte-Sponville dans son dictionnaire philosophique (idée que j’ai déjà citée ailleurs à propos de Spinoza).

Alors c’est par notre joie que nous, chrétiens, pouvons sans doute faire découvrir aux hommes l’amour.

Le 12-12-2005 à 13:49
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Puissance de la louange et attitude charismatique

La louange est une attitude répandue chez les chrétiens, sous des formes diverses (monastique, etc.).

S’agissant de l’approche proposée par le livre “Puissance de la louange” (voir http://plestang.free.fr/louange.htm), il ne faut pas la confondre avec l’attitude charismatique. J’écris cela parce que certains semblent croire qu’il s’agit de la même chose…

Cette méthode de louange inconditionnelle s’applique à tout chrétien et sans préalable: voir par exemple ce général dont l’histoire est racontée à la page 120 et dont on pourrait dire que Merlin Carothers le traite par une “injonction paradoxale” suivant les méthodes de Palo Alto/Watzlawick:

“Je lui suggérai que cette tension // dont il se plaint et qui “va le tuer” // se relâcherait s’il remerciait simplement Dieu de l’avoir créé exactement comme il était.
“- Vous voulez dire, comme je suis maintenant, rempli de craintes et de tensions?
“Je fis oui de la tête”.

La méthode de Puissance de la louange est une démarche de foi, et n’a en elle même aucune relation avec l’approche charismatique. Je pense d’ailleurs qu’un certain nombre de charismatiques ne la connaissent pas, et que ceux d’entre eux qui ont lu le livre ne mettent pas toujours en pratique son caractère paradoxal et sans conditions.

Ce qui complique il est vrai les choses, c’est que Merlin Carothers impose parfois les mains aux personnes pour demander que l’Esprit vienne en eux (mais cela, même un non-charismatique peut le faire!) et surtout qu’il consacre une partie de son livre au baptême dans l’Esprit (p.ex. pages 67-69 et 76-82).

Mais la louange inconditionnelle reste une sorte “d’invention” propre à ce livre; elle est indépendante du fait que l’on soit charismatique ou non.

Le point essentiel est la foi. Ce qu’il faut, c’est comprendre que c’est Dieu qui agit, et l’en remercier.

Le 10-12-2005 à 14:59
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Du terrorisme intellectuel à la recherche de la nuance

Nos sociétés vivent souvent sous le régime du terrorisme intellectuel: il y a les opinions admises, et celles qui n’ont pas le droit d’être énoncées. Ceci sur toutes sortes de sujets, variables selon les pays et les moments.

Il faut, à la télévision par exemple, que celui qui énonce une idée “non convenable” ait une stature très forte, ou encore une situation de minorité étiquetée comme telle, pour qu’il puisse s’exprimer; et encore, gare à lui s’il n’a pas une assurance suffisante!

Par crainte, que sais-je, du racisme, de l’homophobie, voire de la non reconnaissance des minorités, on ne peut pas énoncer d’affirmations qui sortent des idées “imposées”, ni vraiment débattre. Gare au noir “qui n’aime pas le manioc” et dont on dira qu’il est “noir à l’extérieur et blanc à l’intérieur”; gare à celui qui dira qu’à son avis l’homosexualité n’est pas un comportement équivalent à l’hétérosexualité; à celui qui critiquera la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’état, etc.

Comme l’écrit Edgar Morin dans son livre “Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur” déjà évoqué sur http://www.approches.org/blog/ , il est important d’enseigner “l’éthique de la compréhension, (..) art de vivre qui nous demande (..) de comprendre de façon désintéressée (..), d’argumenter, de réfuter au lieu d’excommunier et d’anathémiser”.

J’ajouterai qu’il s’agit d’apprendre à affiner nos idées: si face à moi quelqu’un dit par exemple que “les jaunes sont différents des blancs” (exemple plus politiquement acceptable que celui où l’on écrirait “noir” à la place de jaune...), ce qui est en cause ici, c’est une généralisation abusive, la création d’une catégorie simplificatrice, “les blancs”, et d’une autre catégorie, “les jaunes”. 

La recherche de la nuance, c’est le remplacement de phrases trop absolues par des affirmations plus nuancées, et même si possible énoncées sous la forme d’une question, telle que: “N’y a-t-il pas des différences, dont il faudrait étudier la nature et éventuellement les raisons, entre un certain nombre de blancs et un certain nombre de jaunes?”
On imagine qu’une phrase de ce type ne serait pas évidente à faire passer dans une émission de télévision, sauf sans doute dans celles, si elles existent, où l’on cherche vraiment à réfléchir, et non à affirmer des ressentis et des passions.

Le 10-12-2005 à 13:01
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